Parution

Les vérités cachées de la Guerre d’Algérie

Jean Sévillia affronte sans fard l’histoire de la guerre d’Algérie, ses violences et ses drames qui frappèrent de plein fouet Français comme Algériens.

Plus d’un demi-siècle après l’indépendance de l’Algérie, est-il possible de raconter sans manichéisme et sans œillères la guerre au terme de laquelle un territoire ayant vécu cent trente ans sous le drapeau français est devenu un État souverain  ? La conquête et la colonisation au xixe  siècle, le statut des différentes communautés au xxe  siècle, le terrible conflit qui ensanglanta l’Algérie et parfois la métropole de 1954 à 1962, tout est matière, aujourd’hui, aux idées toutes faites et aux jugements réducteurs.
Avec ce livre, Jean Sévillia affronte cette histoire telle qu’elle fut  : celle d’une déchirure dramatique où aucun camp n’a eu le monopole de l’innocence ou de la culpabilité, et où Français et Algériens ont tous perdu quelque chose, même s’ils l’ignorent ou le nient.

Journaliste, essayiste et historien, auteur de nombreux ouvrages qui ont été des succès de librairie (Zita impératrice courage, Le Terrorisme intellectuel, Historiquement correct, Historiquement incorrect, Histoire passionnée de la France), Jean Sévillia est chroniqueur au Figaro Magazine et membre du conseil scientifique du Figaro Histoire.

Texte de l’éditeur

Guerre d’algérie. Janvier 1960, la semaine des barricades à Alger

Vendredi, 31 Janvier, 2020

Des manifestations insurrectionnelles des tenants de l’Algérie française éclatent le 24 janvier. Bien avant la création de l’OAS, elles sont encadrées par des « unités territoriales » armées qui montent des barricades.

Le 4 juin 1958, place du Forum, à Alger : « Je vous ai compris ! » lance le général de Gaulle à une foule algéroise enthousiaste, où l’on voit surtout des Européens : l’Algérie française est sauvée ! 16 septembre 1959 : le même homme, devenu chef d’État, propose l’« autodétermination » au peuple algérien. Un processus est engagé, qui ne s’arrêtera plus. L’Algérie française est perdue ? On a beaucoup écrit sur les évolutions gaulliennes de cette période. On peut les résumer d’une formule : il prit conscience que la guerre d’Algérie était politiquement ingagnable. Mais peu importe, pour beaucoup de « pieds-noirs » (l’expression naît à ce moment-là), les motivations profondes du changement de de Gaulle. Pour eux, c’est simple : il a trahi. Une amertume s’empare d’eux, qui deviendra bientôt une rage, puis une haine (qui ne s’est jamais éteinte).

Un épisode vint couronner ce divorce. Début janvier 1960, le général Massu, qui rechigne à suivre la nouvelle politique, est remercié par le pouvoir. C’en est trop pour les « ultras », qui décrètent une grève générale de protestation.

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Didier Daeninckx donne la parole aux oubliés de l’Histoire

Publié le , mis à jour

l’essentiel Le romancier Didier Daeninckx publie « Le roman noir de l’Histoire », un recueil de 77 nouvelles consacrées aux soubresauts de l’Histoire, avec un H majuscule, vue à hauteur des « petites gens », oubliés des manuels et des films.

On retrouve dans le nouveau livre de Didier Daeninckx toute la sensibilité de l’auteur de « Cannibale », son empathie pour les opprimés et son horreur de l’injustice. Il présentera ce livre essentiel aujourd’hui vendredi à Ombres Blanches, une de ses « 5 librairies françaises préférées ». Rencontre.

« Le roman noir de l’Histoire » évoque ces oubliés de la grande Histoire…

Ce sont des nouvelles écrites ces quarante dernières années. Elles reflètent, en effet, mon point de vue sur la vie et la société : je suis né dans une famille qui a traversé le siècle dernier et a vécu tous ces bouleversements – la guerre de 14, le Front Populaire, la décolonisation – mais qui étaient ce que l’on appelait « des gens de peu ». Dans tous mes livres, ces gens, j’ai essayé de les mettre à l’honneur, car aucun livre ne parlait d’eux. Il a fallu attendre les « Paroles de Poilus » pour lire les témoignages des soldats de 1914 et découvrir la force de la parole du peuple. On parlait de Joffre, des maréchaux, des stratèges – jamais d’eux. Ils étaient les figurants d’un grand film, mais je dis toujours : « Enlevez les figurants, et le film n’existe plus. »

Il y a, notamment, l’histoire bouleversante de Fatima, assassinée le 17 octobre 1961…

Lorsque j’ai écrit « Meurtres pour mémoire » en 1983, je parlais de ce massacre d’octobre 1961, lorsque des Algériens furent jetés dans la Seine. Un massacre d’état, qui ne fut suivi d’aucune enquête concernant cinq morts, dont Fatima Bédar. Dans des interviews, je parlais d’elle. Puis je reçois un jour une lettre de sa sœur, Louisa, qui s’insurge contre ce que j’écris : « Fatima n’est pas morte le 17 octobre sous les coups de la police, mais elle s’est suicidée cinq jours après, on l’a retrouvée coincée au niveau de l’écluse du Canal Saint-Martin ! » Je me prends cette lettre en pleine figure, vous l’imaginez bien, mais je poursuis ma contre-enquête, avec Jean-Luc Einaudi, qui avait publié « La bataille de Paris ». Nous avons pu confirmer que Fatima, 15 ans, était bien décédée le 17 octobre 61, après avoir demandé à sa maman la permission d’aller à la manifestation contre la guerre d’Algérie. Son « suicide » était la thèse qui avait été imposée à la famille…

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