la déprime des anciens combattants face au 11 novembre confiné, vécu comme une « déchirure »

Avec le confinement, les anciens combattants sont privés de ce grand moment mémoriel qu’est la commémoration de l’armistice de 1918. Mais les conséquences de la crise sanitaire vont bien au delà : certains quittent les associations qui ont bien du mal à assurer leur mission.

Triste automne pour les anciens combattants. Après le 75 ème anniversaire de la capitulation nazie passé à la trappe le 8 mai dernier, c’est désormais au tour du 11 novembre de subir le confinement. Certes, des cérémonies sont prévues, mais en « format restreint » selon la formule consacrée. Maires, députés et représentants de l’Etat, moins d’une dizaine de personnes au total, se retrouveront devant les monuments aux morts, mais pas ceux qui ont combattu pour la France.  Au mieux, la présence d’un porte-drapeau est prévu par le protocole. Un comble pour une commémoration qui honore désormais le sacrifice de l’ensemble du monde combattant, au delà des poilus de la Grande Guerre.

Je suis un ancien appelé d’Algérie. On a su me trouver à l’époque, mais aujourd’hui pour honorer les anciens il n’y a plus personne ! Ça donne l’impression que les autorités ne font une cérémonie que pour la forme.

Yves Frich, président du comité d’entente anciens combattants de Châlons-en-Champagne

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La guerre d’Algérie a provoqué de multiples expériences de guerre et une diversité des mémoires. Raphaëlle Branche revient sur ce rapport à la guerre dans le cadre familial.

Raphaëlle Branche* présente ici les principaux enjeux mémoriels de la guerre d’Algérie mais aussi la façon dont s’est construite l’histoire des deux côtés de la Méditerranée. Avec trois travaux majeurs, l’historienne a couvert trois pans essentiels à la compréhension du conflit : l’usage de la torture par l’armée française pour réprimer le nationalisme algérien, puis elle a analysé de façon complète l’embuscade de Palestro en 1956 en replaçant l’événement dans un contexte plus large. Aujourd’hui, elle aborde l’expérience de guerre, son récit et son silence dans le cadre familial.

L’histoire et les mémoires de la guerre d’Algérie sont étudiées dans le cadre du thème 3 de Terminale « Histoire et mémoires des conflits ». Il s’agit d’aborder la façon dont se construit l’histoire et les relations qu’une société entretient à son passé.

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Guy Monnerot, « premier mort de la guerre d’Algérie » et originaire de Limoges, déclaré « Mort pour la France »

Le 1er novembre 1954, la Guerre d’Algérie débute. Cette journée fait neuf morts, dont Guy Monnerot, un instituteur originaire de Limoges. Soixante-six ans après, il vient d’être déclaré « Mort pour la France ».

Soixante-six ans. Il aura fallu attendre soixante-six ans pour que Guy Monnerot soit reconnu « Mort pour la France ».

L’instituteur originaire de Limoges est mort le 1er novembre 1954, tué lors d’une embuscade dans les gorges de Tighanimine. Même si ce n’est pas tout à fait exact, il a été considéré comme la première victime de la guerre d’Algérie (*).

Il a surtout été érigé en symbole. Le symbole de cette France investie en Algérie et que le FLN voulait frapper. Le symbole de la violence aveugle des Fellaghas.
En fait, la mort de Guy Monnerot, le jour la Toussaint 1954, est plutôt une bavure. Le couple d’instituteurs venait d’arriver en Algérie et profitait du jour férié pour découvrir leur pays d’adoption. Pour leur malheur, ils étaient dans le même bus qu’une des cibles d’un commando du FLN.

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« Papa, qu’as-tu fait là-bas ? » : comment le silence s’est installé après la guerre d’Algérie

Dans un ouvrage important, l’historienne Raphaëlle Branche raconte comment les anciens soldats ont caché la réalité d’une guerre officiellement déniée durant quatre décennies.

« Papa, qu’as-tu fait là-bas ? » : comment le silence s’est installé après la guerre d’Algérie

Dans un ouvrage important, l’historienne Raphaëlle Branche raconte comment les anciens soldats ont caché la réalité d’une guerre officiellement déniée durant quatre décennies.

C’est le portrait d’une génération. Celle qui a connu la Seconde Guerre mondiale, celle dont les grands-pères et pères avaient combattu en 1914 et 1939, celles dont les grand-mères disaient : « Les garçons, c’est de la chair à canon ! »

Plus d’un million et demi de Français ont été appelés sous les drapeaux entre 1954 et 1962. Tous sont nés entre 1930 et 1942, beaucoup sont partis l’année de leurs 20 ans et n’avaient jamais pris le bateau avant de rejoindre l’Algérie. Les dispenses étaient données au compte-gouttes. Seuls les pupilles de la nation et les étudiants qui finissaient leur cursus pouvaient y échapper. Ceux qui refusaient risquaient un an de prison. Moins d’un jeune homme sur dix avait le baccalauréat, le taux de chômage ne dépassait pas 1,5 %, les télévisions, les téléphones, les machines à laver le linge, commençaient à peine à s’installer dans les familles. La France de l’après-guerre.

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France 2 révèle le bourreau Mitterrand durant la guerre d’Algérie

France 2 révèle le bourreau Mitterrand durant la guerre d’Algérie

Alors qu’on célèbre le déclenchement de la guerre de libération le 1er novembre, la chaîne publique France 2 diffusera, le 4 novembre prochain, un documentaire évoquant la période noire du gouvernement français en Algérie: «François Mitterrand et la guerre d’Algérie» d’après un essai de François Malye et Benjamin Stora Le doc est le résultat d’une enquête de deux ans, qui a d’abord abouti à un livre-choc du journaliste François Malye et de l’historien Benjamin Stora, qui révèle un pan obscur de la carrière politique de François Mitterrand.

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Il avait 20 ans, il raconte sa guerre d’Algérie

Il avait 20 ans, il raconte sa guerre d’Algérie

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Claude Lesec a été mobilisé durant la guerre d’Algérie et conserve des souvenirs intacts de cette période. Il raconte…

Claude Lesec est né et a vécu toute sa vie dans la même maison à Espaillat, lieudit proche de Poulaines. « Cinq générations s’y sont succédé », clame fièrement cet ancien ouvrier agricole. Mobilisé durant la guerre d’Algérie ou plutôt, le maintien de l’ordre en Algérie comme on disait en mai 1958 au moment de son départ, il a gardé en mémoire cet épisode particulier de sa vie.
Affecté dans le sud du Sahara, Claude Lesec n’a vu aucun combat. « J’étais très loin des hostilités et des atrocités… »
« Nous étions la police du désert » Début du voyage, Limoges pour un bilan santé puis direction Bordeaux pour embarquer à Marseille le 5 mai 1958. Et ce fut le grand saut dans l’inconnu pour quelqu’un qui n’était jamais sorti de son village. « Nous étions plusieurs copains mais pas destinés aux mêmes régiments. Dès notre arrivée à Alger, nous avons senti qu’il y avait une tension entre la France et l’Algérie. On entendait des tirs. J’ai le souvenir du défilé de Charles de Gaulle sur la route de l’aéroport, nous étions sur les bords de la route. Le danger était palpable. »
« D’abord nous avons fait nos classes, cinq mois et demi au centre d’instruction de l’armée blindée de cavalerie. »
Ensuite, ce fut le départ dans le Sahara. « Mes parents avaient acheté une carte de l’Algérie pour pouvoir me suivre à travers les courriers. » Cette fameuse carte il l’a sous les yeux et le voyage y est tracé.
Adrar, lieu de destination principal. « Trois jours de trains dans des wagons à bestiaux, c’était le comble pour un agriculteur ! » s’amuse-t-il. Deux jours de pistes en camion, soit 1.720 km au sud d’Alger et le début des nuits sur le sable à la belle étoile.
« Nous disposions de vingt-cinq jeeps. J’ai été conducteur pendant toute ma mobilisation. Nous escortions les convois de matériel qui se rendaient à Regan pour les essais nucléaires. Il y en a eu deux pendant ma présence. Quand nous traversions la zone de radiation en Jeep, nous étions en chemisettes, mais les médecins qui nous examinaient étaient harnachés comme des cosmonautes. Je n’ai rien eu, mais d’autres ont eu besoin de soins. »
La mission consistait aussi à sécuriser la frontière avec le Mali. « Nous étions la police du désert. Dans mes souvenirs agréables, il y a les contacts avec les caravanes de chameaux et de Bédouins qui transportaient des dattes. Il y avait aussi beaucoup de passages de camions. Ils descendaient du Nord pour livrer dans le Sud des bidons de goudron ou autre et ils remontaient avec des moutons. À l’aller, nous les invitions à manger et, au retour, ils nous laissaient un mouton. Beaucoup de nos hommes sont restés là-bas pour travailler comme chauffeur poids lourds pour les pétroliers. »
« Nous devions payer l’intégralité de notre nourriture alors on chassait la gazelle, quarante-huit en cinq mois. Les uniformes étaient obligatoires mais entièrement à notre charge, jusqu’au képi ! »
 

BRIGITE OSVATH

Correspondante

Mieux comprendre la guerre d’Algérie…

S’il est une guerre dont le déroulé des « événements » échappe encore à beaucoup, c’est bien la guerre d’Algérie. Et comme toute guerre, tout est question de point de vue, d’où l’importance du « Une » dans le titre « Une histoire de la Guerre d’Algérie ». Dans le cadre des Docu-BD propres aux éditions Petit à Petit, les 92 planches de bande dessinée sont opportunément entrecoupées de pages contenant compléments d’informations et documents.

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