Archives de la «guerre d’Algérie» : les mises en garde d’un historien français

Par Mohamed K. L’historien français Gilles Manceron ne s’explique pas pourquoi les autorités de son pays hésitent toujours à rendre accessibles les archives concernant la «guerre d’Algérie», malgré la promesse faite solennellement depuis plus d’une année par le président Emmanuel Macron, à l’occasion de l’hommage officiel qu’il avait rendu à Maurice Audin.

Dans une longue contribution parue dans son blog personnel, ce spécialiste de l’histoire de la colonisation estime que, «forte» d’une histoire glorieuse, la France «n’a pas lieu de dissimuler d’autres pages moins glorieuses qui, elles aussi, appartiennent à son passé». Il cite la Seconde Guerre mondiale, «où il n’y a pas eu beaucoup de Jean Moulin» et où des institutions ont collaboré avec l’occupant, et aujourd’hui les guerres coloniales, «où de nombreux crimes ont été commis en son nom», mais qui restent difficiles à aborder en raison, selon lui, de «la non-communicabilité d’un certain nombre d’archives d’Etat».

L’auteur part du principe selon lequel l’accès aux archives est un droit civique dans son pays. Il regrette qu’en dehors des archives inhérentes à la Seconde Guerre mondiale, grâce à une dérogation générale faite en 2015, cet outil n’ait pas été utilisé pour ce qui concerne tous les documents de la «guerre d’Algérie». Il note, à ce propos, que lors d’une journée d’étude organisée le 20 septembre 2019  dans une salle de l’Assemblée nationale sur «les disparus de la guerre d’Algérie du fait des forces de l’ordre françaises», la question du libre accès aux archives de cette période a été posée avec insistance par les participants.

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