Mise en ligne de la base des victimes civiles disparues durant la guerre d’Algérie

Fruit de recherches effectuées par M. Jean-Jacques Jordi, historien et spécialiste de l’histoire des migrations, de la colonisation et de la décolonisation en Méditerranée occidentale aux XIXe et XXe siècles, Mémoire des hommes met à disposition du public la liste de victimes civiles disparues durant la guerre d’Algérie, sous la forme d’une base de données avec possibilité de recherches multicritères.

Base des victimes civiles disparues durant la guerre d’Algérie

Mémoire des hommes propose également une page consacrée au mémorial de la guerre d’Algérie et des combats du Maroc et de la Tunisie, situé au quai Branly à Paris, à partir de laquelle il sera désormais possible d’avoir accès au contenu intégral du fichier permettant la mise à jour de la colonne centrale du mémorial.

Page consacrée au mémorial du Quai Branly

CheckNews Massacre du 17 octobre 1961 : pourquoi le nombre de morts diffère-t-il tant selon les médias ?

Soixante ans après la répression meurtrière des manifestants algériens, les médias ont évoqué des bilans très variables, allant de «plusieurs dizaines» de tués, à «plusieurs centaines». Le reflet de la controverse historique qui a longtemps prévalu. Mais aussi, souvent, le fruit d’erreurs de journalistes.

Question posée par Sylvain le 16 octobre.

Bonjour,

«Plusieurs dizaines de morts» selon l’AFP ou France Info, «au moins 120» selon le Monde, la Croix ou le JDD (et encore bien d’autres), et «200» pour Libé. Vous nous avez interrogés sur le bilan, ou plutôt les bilans, du massacre par la police, le 17 octobre 1961, à Paris, de manifestants algériens venus à Paris, à l’appel de la Fédération de France du FLN (Front de libération nationale). Il a fallu le travail de plusieurs militants et historiens pour sortir d’un long déni sur les exactions commises ce jour-là. En 2012, François Hollande a reconnu «une sanglante répression». Cette année, Emmanuel Macron est allé plus loin en dénonçant des «crimes inexcusables pour la République» commis «sous l’autorité» du préfet de l’époque, sans faire remonter explicitement au-dessus la responsabilité de ce que d’aucuns voudraient voir qualifier de crime d’Etat. Il est largement acquis, depuis des décennies déjà, que le premier bilan officiel, trois morts, fut ridiculement minimisé. Mais le sujet de l’ampleur du vrai bilan a été l’objet d’une longue controverse historique. Les différentes estimations évoquées par les médias sont, d’abord, le reflet de cette controverse. Mais certains chiffres qu’on a pu lire ce week-end traduisent aussi, souvent, des fautes ou raccourcis. Une erreur a ainsi conduit de très nombreux médias à confondre le décompte des tués de la seule nuit du 17 octobre avec le recensement des victimes algériennes des violences policières sur l’ensemble des mois de septembre et octobre 1961.

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Le 17 octobre 1961, le jour où la police française a jeté des manifestants algériens dans la Seine à Paris


Article rédigé par Clément Parrot
France Télévisions

Pour protester contre l’instauration d’un couvre-feu à Paris visant les seuls Algériens, en pleine guerre d’Algérie, des milliers de manifestants sont descendus dans les rues parisiennes à l’appel du FLN. La répression de la police a fait des dizaines de morts, ce soir-là.
Un « massacre d’Etat », selon les mots de l’historien Emmanuel Blanchard. Le 17 octobre 1961, il y a 60 ans, des dizaines d’Algériens sont tués à Paris, lors d’une manifestation férocement réprimée par la police. Certaines victimes sont jetées dans la Seine depuis les ponts de la capitale. Il s’agit de la répression d’Etat « la plus violente qu’ait jamais provoquée une manifestation de rue en Europe occidentale dans l’histoire contemporaine », écrivent les historiens britanniques Jim House et Neil MacMaster dans Paris 1961. Les Algériens, la terreur d’Etat et la mémoire.

Les violences ne se limitent pas à cette seule journée, mais ce mardi d’octobre devient le symbole de la « terreur d’Etat qui s’abat sur les Algériens depuis des mois », explique aussi l’historien Fabrice Riceputi, auteur de Ici on noya les Algériens.

« La violence s’exerce ce jour-là par des rafales de mitraillette tirées sur des manifestants, des gens matraqués… Et puis ce geste, cette façon de déshumaniser son adversaire en le jetant comme un détritus dans la Seine. »

Depuis six décennies, l’événement fait l’objet d’une intense bataille politique et mémorielle. Des témoins de l’époque, des militants et des historiens ont cherché à faire la lumière sur ce drame, longtemps minimisé par le pouvoir politique et occulté de la mémoire collective. « Ce n’est pas l’histoire des Algériens, mais l’histoire de France. Et les Français sont pour l’instant amputés d’une partie de leur histoire », estime M’Hamed Kaki, fondateur de l’association mémorielle Les Oranges.

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Le 17 octobre 1961 à Paris, raconté par les témoins de ce massacre d’Algériens

Le 17 octobre 1961, alors que la guerre d’Algérie touche à sa fin, une manifestation de “Français musulmans d’Algérie” (FMA) est violemment réprimée à Paris. Les témoins de ce massacre sont aujourd’hui peu nombreux. France 24 a pu rencontré des manifestants. 

Le « demi-pas » mémoriel de Macron sur le massacre du 17 octobre 1961

Le chef de l’Etat a imputé au seul Maurice Papon les « crimes inexcusables » de la répression de la manifestation du FLN durant la guerre d’Algérie.

Par et

« Les crimes commis cette nuit-là sous l’autorité de Maurice Papon sont inexcusables pour la République. » Tel a donc été le verdict énoncé par Emmanuel Macron, samedi 16 octobre, lors d’une cérémonie très attendue à la mémoire des victimes algériennes du massacre du 17 octobre 1961. La formule un brin alambiquée, où le non-dit est tout aussi lourd que le dit, n’a pas été prononcée lors de la minute de silence observée par le chef de l’Etat sur les berges de la Seine à Colombes (Hauts-de-Seine) à proximité du pont de Bezons, là même où des corps de manifestants du Front de libération nationale (FLN) avaient été précipités par la police dans les flots lors de cette nuit sanglante de l’automne 1961.

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une exposition touchante sur le silence des protagonistes de la guerre d’Algérie

« Silence d’une vie / silences d’un conflit », se tient actuellement à la Distillerie, à Lodève. L’exposition est constituée de photographies réalisées et rassemblées par l’artiste Hamadi, qui expose pour la première fois. Ce dernier a imaginé une série constituée de lieux et d’objets afin de raconter le silence des protagonistes de la guerre d’Algérie, parmi lesquels les anciens harkis : un banc, une lampe, une boîte de tabac ou encore l’ancienne cité Sonacotra de Lodève. Le photographe relève ici un exercice périlleux : dire sans parler, montrer sans avoir vu. Une véritable immersion dans la vie de l’autre, à découvrir jusqu’au 14 octobre.

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17 octobre 1961 : « On attend que le président dise que c’est un crime d’État »

8 octobre 2021 Par Rachida El Azzouzi

Soixante ans après le massacre du 17 octobre 1961, où en est-on de la reconnaissance par l’État français de ses responsabilités ? Mediapart fait le point avec la journaliste Samia Messaoudi et l’historien Fabrice Riceputi.

Il y a soixante ans, le 17 octobre 1961, en plein Paris et en pleine guerre d’Algérie, la police française massacrait des travailleurs algériens qui manifestaient, dignes et endimanchés, avec leurs familles pour « une Algérie algérienne » et contre le couvre-feu discriminatoire qui leur était imposé par le préfet de l’époque, Maurice Papon.

Officiellement, il n’y a eu que trois morts, alors que c’est la plus sanglante répression policière d’une manifestation pacifique dans l’histoire moderne de notre république. Des dizaines de manifestants furent tués à coups de crosse, jetés vivants dans la Seine, pendus ou étranglés. Des centaines furent blessés, des milliers, arrêtés, torturés aux cris de « sales bicots », emprisonnés dans des conditions inhumaines ou refoulés en Algérie.

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hilippe Faucon : «Il y a toujours un moment où les histoires douloureuses doivent s’exprimer»

Le cinéaste revient sur les raisons, personnelles et historiques qui l’ont amené à explorer les trajectoires intimes des harkis durant la guerre d’Algérie.

Auteur de Sabine, Samia, la Désintégration ou encore du très délicat Fatima, succès par la suite multicésarisé en 2016, Philippe Faucon tourne au Maroc son nouveau film sur la guerre d’Algérie, suivant la trajectoire d’une section de harkis jusqu’aux derniers mois du conflit. Fils d’une pied-noir et d’un militaire, le cinéaste revient avec la Guerre aux sources de son histoire personnelle, qu’il explorait déjà il y a quinze ans dans la Trahison.

Comment naît le projet d’un film sur les harkis ?

Mon histoire personnelle est liée à la guerre d’Algérie puisque je suis né en 1958 au Maroc de parents qui l’ont vécue. C’est quelque chose qui a beaucoup marqué les gens de leur génération et nous l’avons perçu très tôt, mes sœurs et moi. On se rendait compte que cela avait marqué les adultes, parce qu’il y avait des conversations qui s’interrompaient devant nous, les visages exprimaient des pensées qui n’étaient pas dites.

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Que vaut l’adaptation cinématographique du renversant “De nos frères blessés” de Joseph Andras

Hélier Cisterne déplace habilement vers l’intime le centre de gravité du fait divers historique mis en lumière par Joseph Andras.

Adapté du roman éponyme de Joseph Andras (2016), De nos frères blessés raconte l’histoire véritable de Fernand Iveton (Vincent Lacoste), pied-noir indépendantiste et ouvrier militant communiste, injustement condamné et guillotiné en février 1957 pour avoir placé une bombe destinée au sabotage de matériel dans un entrepôt désaffecté d’Alger.

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Documentaire théâtralisé sur l’Algérie

Roger Leroy un historien d’Allonnes a créé un documentaire théâtralisé qui sera interprété en première à la médiathèque Louise-Michel en mémoire des femmes et des hommes victimes de la guerre d’Algérie.

Roger Leroy avertit le public : « Ma production est engagée, elle dénonce le colonialisme, la guerre pour défendre les intérêts de quelques fortunes. Je souhaite m’adresser aux lycéens dont beaucoup ont certainement connu un grand-parent qui a été appelé en Algérie. »

La production de Roger Leroy est adaptée du livre de René Knégévitch « Quand il neigeait sur le djebel Amour » et de celui d’Henri Pouillot « L’Algérie nous y étions » des documents accessibles à la bibliothèque Louise-Michel.

Pendant une heure, Roger Leroy interprétera plusieurs tableaux dont un colon débarquant à Marseille avec femmes et enfants, un colon dont les aïeuls avaient été obligés de quitter l’Alsace Lorraine pour s’exiler en Algérie dans les années 1870.

Au cours de ce documentaire on apprendra qu’un appelé fut contraint pendant de longs mois d’assister aux tortures infligées aux militants de FNL. Pendant que défilent des photos d’époques, Patricia Imbert, dont ce sera une première, lira des textes des livres cités ci dessus.