Nouvelles parutions consacrées à la Guerre d’Algérie

Le 3e R.P.C., devenu le 3e R.P.I.Ma. le 1er novembre 1959, a participé à la guerre d’Algérie du 8 août 1955 au 21 juillet 1962. Cette chronologie donne les principaux combats du régiment, année par année, avec les premiers combats dans les Nementcha en 1955 ; les premières opérations aéroportées en 1956 ; la bataille d’Alger, l’Agounenda et Timimoun en 1957 ; la bataille de la Frontière tunisienne en 1958 ; les opérations du plan Challe en 1959-1960 ; l’opération Charrue sur Bizerte en 1961. Les annexes donnent les généraux en chef, les généraux commandant la 10e D.P., les chefs de corps, officiers, sous-officiers et hommes de troupe du régiment, ainsi que les nationalistes de la bataille d’Alger. L’intégralité des droits d’auteur de ce titre est reversée à l’Entraide légionnaire et à l’Entraide parachutiste.

Jean Balazuc est né à Birmandreïs, Alger, en 1937. Ingénieur de l’École polytechnique, chef de section au 1/7e R.A.A.C. puis au 3e R.P.C. en 1959-1960, il est entré à Électricité & Gaz d’Algérie en 1960. Il est chevalier de la Légion d’honneur et commandeur de l’O.N.M.

  • Broché – format : 13,5 x 21,5 cm
  • ISBN : 978-2-343-19229-1 • 10 janvier 2020 • 250 pages

Le 2e R.E.P. a participé à la guerre d’Algérie du 8 août 1955 au 5 juillet 1962. Cette chronologie donne les principaux combats du régiment, année par année, avec les premiers combats dans les Aurès dès 1955 ; les premières opérations aéroportées ; de nombreuses opérations dans les Aurès-Nementcha ; les opérations du plan Challe ; l’opération Ariège dans les Aurès en 1960. Après le putsch d’avril 1961, le 2e R.E.P. est affecté en zone ouest Oranie. En décembre 1963, il s’installe à Bou-Sfer avant de rejoindre progressivement sa garnison de Calvi entre 1964 et 1967. Les annexes donnent les généraux en chef, les généraux commandant la 25e D.P., les chefs de corps, officiers, sous-officiers et légionnaires du régiment. L’intégralité des droits d’auteur de ce livre est reversée à l’Entraide légionnaire et à l’Entraide parachutiste.

Jean Balazuc est né à Birmandreïs, Alger, en 1937. Ingénieur de l’École polytechnique, chef de section au 1/7e R.A.A.C. puis au 3e R.P.C. en 1959-1960, il est entré à Électricité & Gaz d’Algérie en 1960. Il est chevalier de la Légion d’honneur et commandeur de l’O.N.M.

  • Broché – format : 13,5 x 21,5 cm
  • ISBN : 978-2-343-19377-9 • 10 janvier 2020 • 1200 pages

Dans une période entre-deux-guerres, de sa petite enfance à Bizerte et d’Alger à la guerre d’Algérie, l’auteur, avec délicatesse et précision nous décrit son monde. Son enfance dans le Finistère parsemée de mille petits bonheurs ; sa jeunesse à Quimper, entre les contraintes de l’internat et la découverte des plaisirs de la vie. Les « événements » d’Algérie. L’humour n’est jamais absent du récit. La sensibilité de l’auteur affleure en permanence et en particulier quand il parle de son père. Le monde évolue vite. Ce texte écrit au départ pour ses enfants veut être le témoignage d’une histoire déjà presque oubliée.

Jacques Denniélou, distingué pour sa « lettre à mon professeur », écrite en hommage à Pierre-Jakez Hélias, a enseigné en Côte d’Ivoire, en Allemagne, en Alsace et dans le Finistère.

  • Broché – format : 13,5 x 21,5 cm
  • ISBN : 978-2-343-18880-5 • 10 janvier 2020 • 168 pages

L’auteur, dans ce récit parfois drôle et mélancolique, écrit à la demande de ses enfants, relate les péripéties de sa famille, à travers celles qui secouèrent le XXe siècle : guerre, résistance, déportation, colonisation, Algérie. La politique s’en est mêlée, certaines de nos lois actuelles en sont sorties. La Kabylie et sa riche culture sont un léger fil rouge qui aide à traverser les époques. C’est un hommage des colons aux colonisés.

Née à Orléans, Jeannine Ségelle a passé plusieurs années à l’école du Louvre (cours de sumérien, de babylonien, de vieux perse et de hiéroglyphes) puis elle a été hématologue en laboratoire et institutrice en école maternelle.

  • Broché – format : 13,5 x 21,5 cm
  • ISBN : 978-2-343-19389-2 • 13 janvier 2020 • 96 pages

13 février 1960, premier essai nucléaire français dans le Sahara, en images

Ce matin-là, à l’aube, la première bombe atomique française explosait dans le sud du Sahara algérien, sur la base de Reggane. Cette explosion faisait du pays la 4e puissance nucléaire mondiale.

7 heures du matin, ce 13 février 1960, la France s’apprête à réaliser son premier essai nucléaire. Dans la base de Reggane, en plein cœur du désert algérien, 1 200 km d’Alger, « Gerboise bleue », c’est son nom, est placée en haut d’un pylône de 100 mètres.

Ce petit rongeur des sables est en fait une bombe au plutonium qui s’apprête à exploser. Sa puissance de 70 kilotonnes équivaut à trois à quatre fois celle d’Hiroshima. L’explosion est déclenchée à 7h04 et génère une gigantesque déflagration qui illumine le ciel. Au sol, la chaleur est telle qu’elle vitrifie le sable dans un rayon de 300 mètres.

Ce matin-là, les conditions météo sont excellentes et les vents bien orientés doivent limiter la propagation des poussières en les dispersant en haute altitude.

Si des caméras filment l’événement, peu d’images filtreront dans les médias d’alors. C’est d’ailleurs ce que déplorent les Actualités françaises dans ce reportage diffusé dans les salles de cinéma. C’est finalement à la radio que sera diffusé le plus long reportage sur l’événement.

« Certes, on pourra déplorer la pauvreté des images qui nous ont été fournies sur l’explosion dont on ne verra qu’un panache de fumée« .

On sent cependant la fierté poindre dans le ton de la voix du speaker : « Cela ne retirera rien au fait. Seule, avec ses propres moyens, la France a fabriqué seule sa bombe. »

La suite du reportage se contente de relater, en images, l’historique de la réalisation de la bombe avec les gisements d’uranium et de décrire le site de Marcoule pour expliquer ensuite toute la mise en place de la base de Reggane [créée pour la circonstance] et tout le dispositif d’allumage au point zéro.

Avec cette explosion, la France rejoint les trois autres possesseurs de la bombe à l’époque : les USA, l’URSS et la Grande-Bretagne.

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Archives : « Des documents que nous avons déjà exploités pourraient devenir inaccessibles »

Douze historiens de divers pays soulignent, dans une tribune au « Monde », que des travaux qu’ils ont déjà menés ne seraient plus possibles aujourd’hui dans les archives françaises. En appelant au président Macron, ils déplorent une situation portant atteinte à la réputation internationale de la France dans le domaine de la recherche historique.

Tribune. Nous, historiens et historiennes de la France contemporaine depuis des décennies, sommes consternés par les conséquences néfastes de l’instruction générale interministérielle de 2011 (IGI 1 300). Nous avons salué la volonté du président Macron d’ouvrir les archives touchant à la disparition de Maurice Audin et plus largement aux disparus de la guerre d’Algérie. Nous sommes d’autant plus surpris qu’au même moment l’application de cette instruction introduise un régime plus restrictif que celui qui prévalait antérieurement et notamment depuis la loi de 2008.

Une situation digne de Kafka

Des documents que nous avons déjà exploités, même publiés, dans nos ouvrages, pourraient se trouver désormais fermés aux chercheurs. Il est déjà arrivé à quelques-uns parmi nous de se voir refuser la consultation de documents consultés il y a des dizaines d’années ! C’est une situation digne de Kakfa. Les travaux que nous avons effectués ne seraient plus possibles à mener dans les archives françaises. Cette restriction qui, au mieux, ralentit de plusieurs mois ou années les travaux et, au pire, les rend impossibles, représente une atteinte très sérieuse à la réputation internationale de la France dans le domaine de la recherche historique.

Les signataires de cet appel expriment donc leur vive inquiétude et demandent au président de la République de faire réexaminer cette instruction et ses modalités d’application, en conformité avec ses déclarations relatives à l’ouverture des archives.

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Signataires : Helga E. Bories-Sawala (université de Brême, Allemagne) ; Hanna Diamond (université de Cardiff, Royaume-Uni) ; Valeria Galimi (université de Florence, Italie) ; Robert Gildea (université d’Oxford, Royaume-Uni) ; James House (université de Leeds, Royaume-Uni) ; Julian Jackson (Queen Mary, université de Londres, Royaume-Uni) ; Eric Jennings (université de Toronto, Canada) ; Harry Roderick Kedward (université de Sussex, Royaume-Uni) ; Robert O. Paxton (université de Columbia, New York, Etats-Unis) ; Renée Poznanski (université Ben-Gourion, Israël) ; Mary Louise Roberts (université du Wisconsin, Etats-Unis) ; Martin Thomas (université d’Exeter, Grande-Bretagne).

« Nous dénonçons une restriction sans précédent de l’accès aux archives contemporaines de la nation »

La décision de déclassifier un par un les documents de la période 1940-1970 portant le tampon « secret », dont la plupart étaient pourtant accessibles à tous depuis longtemps, porte atteinte à l’accès aux sources et bloque des recherches en cours, alerte un collectif d’historiens dans une tribune au « Monde », qui en appelle au code du patrimoine.

Publié le 13 février 2020 à 06h00

Tribune. Faut-il encore s’inquiéter de l’accessibilité au public des plans du débarquement du 6 juin 1944 soixante-quinze ans après la seconde guerre mondiale, lesquels portent un tampon « secret » ? Protéger des informations secrètes est essentiel. Qui en douterait ? A condition toutefois que ces informations soient réellement sensibles et qu’elles constituent toujours un secret-défense. Quand il n’y a plus de secret, il ne devrait plus rien y avoir à protéger.

Pourtant, le service historique de la défense annonce la nécessité d’une « déclassification » formelle de tous les documents portant les fameux tampons « secret » depuis 1940. Pièce par pièce. Cette mesure provoque déjà une paralysie du service. Elle entraîne des délais de communication très longs, voire l’impossibilité d’accéder à des archives pourtant communicables de plein droit selon le code du patrimoine. En effet, les archives dont la communication porte atteinte au secret de la défense nationale, aux intérêts fondamentaux de l’Etat dans la conduite de la politique extérieure, à la sûreté de l’Etat, à la sécurité publique doivent être accessibles à tous après une échéance de cinquante ans.

Des délais largement échus

Tout le paradoxe est là : des délais d’accessibilité existent pour ces documents et ces délais sont aujourd’hui largement échus pour la majeure partie des documents produits avant 1970. Mais on évoque une instruction générale interministérielle de 2011 pour justifier une nécessaire « déclassification » formelle des documents secrets avant toute communication aux lecteurs. Pourquoi cette soudaine volonté de déclassifier des documents considérés jusqu’à il y a peu comme accessibles à tous ? Pourquoi prendre le risque d’entraver gravement les recherches historiques ?

Au-delà du service historique de la défense, où la tâche est particulièrement titanesque compte tenu de la nature des archives qui y sont conservées, cette nouvelle mesure concerne toutes les archives publiques. Ce sont plusieurs centaines de milliers de documents et des dizaines de kilomètres linéaires de papiers qui doivent être regardés un à un au nom de cette application abusive, et partant dangereuse, du principe de protection du secret de la défense nationale exigée par le secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale.

Une restriction sans précédent de l’accès aux archives contemporaines de la nation sous le prétexte abusif de la nécessité de protection du secret de la défense est en cours.

 

Secret défense contre l’histoire: fermeture des archives des répressions coloniales

Les chercheurs fréquentant les archives publiques françaises, dont le Service historique de la Défense (SHD), se voient depuis peu dans l’impossibilité de consulter de très nombreux documents d’après 1940 accessibles selon la loi : tous ceux qui furent tamponnés «secret» ou «très secret» lors de leur production, durant les répressions coloniales à Madagascar, en Indochine ou en Algérie. Par Gilles Manceron et Fabrice Riceputi.

La plupart de ces documents auxquels les chercheurs ne peuvent actuellement avoir accès étaient librement communiqués jusqu’ici, souvent depuis des années, après l’expiration des délais de communication légaux, ou bien par dérogation.

Cette situation est le fruit d’une décision prise à la fin de l’année 2019 par le Secrétariat général de la Défense et de la sécurité nationale (SGDSN), rattaché aux services du Premier ministre : celle d’appliquer de façon différente de ce qui avait été le cas auparavant une instruction interministérielle, texte non législatif du 30 novembre 2011, émise huit ans auparavant vers la fin de la présidence de Nicolas Sarkozy, au nom de la protection du « secret défense ».

En application de cette « IGI 1300 », les archivistes sont désormais tenus de mettre sous pli fermé ces papiers tamponnés, ainsi déclarés « classifiés », quel qu’en soit le contenu et la date. Et, si des chercheurs souhaitent les consulter, ils doivent s’adresser aux institutions qui les ont versées, le ministère de la Défense le plus souvent, pour obtenir, page par page, leur « déclassification ». Comme rien n’indique sur les cartons d’archives qu’ils contiennent de telles pièces, tous devront être passés en revue par les archivistes, qui devront examiner, au total, des centaines de milliers de pages, des dizaines de kilomètres linéaires d’archives. En l’absence de personnel suffisant, le centre le plus concerné, le SHD à Vincennes, a annoncé à ses usagers de sérieuses restrictions à la consultation. Pour des documents qui étaient pourtant, pour la plupart, ouverts aux chercheurs il y a encore quelques semaines, et souvent depuis des années.

L’absurdité de cette mesure saute aux yeux. Elle est sans doute inspirée par l’obsession sécuritaire actuelle et par la crainte d’un débat en cours sur l’enjeu démocratique que représente pour les citoyens le droit à connaître la page coloniale de notre histoire. Une journée d’études a été organisée le 20 septembre 2019, sous l’égide de la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH), dans la salle Victor Hugo de l’Assemblée nationale, soutenue par les grandes organisations françaises pour la défense des droits de l’homme et contre la torture, et par l’Association des archivistes français, dont les films vidéo ont été publiés par Mediapart et les Actes ont été publiés par la Revue des droits de l’homme du CREDOF.

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La Cinémathèque algérienne célèbre les films sur la guerre de Libération

La semaine du film sur la guerre de Libération nationale aura lieu du 16 au 20 février à la Cinémathèque algérienne où seront projetés de nombreux films et documentaires algériens et étrangers, à l’occasion de la Journée du martyr coïncidant avec le 18 février de chaque année.

Toutes les salles du Centre algérien de la cinématographie à travers le pays organiseront à cet effet un programme spécial, apprend-on dans un communiqué des organisateurs. De Djamila, de Youcef Chahine, au documentaire Algérie, images d’une guerre, en passant par le classique La bataille d’Alger de Pontecorvo.

Chaque journée de projections portera sur un thème précis de la guerre. Ainsi, les séances de mardi auront pour fil conducteur “Les martyrs de la Révolution au cinéma”, le lendemain, soit mercredi 19 février, il sera question de “La torture durant la guerre d’Algérie”, et enfin, jeudi, sur “Les films étrangers sur la guerre d’Algérie”.

Seront projetés durant cette dernière journée Avoir vingt ans dans les Aurès de René Vautier, La trahison de Philippe Faucon et R.A.S. d’Yves Boisset.

L’accès aux archives sensibles en question, suite

Ce matin dans le Journal de l’Histoire, Anaïs Kien revient sur l’accès aux archives, une question sensible parmi les historiennes et historiens depuis quelques semaines maintenant…

Photo accompagnant le post de Sébastien Albertelli sur Facebook
Photo accompagnant le post de Sébastien Albertelli sur Facebook Crédits : Sébastien Albertelli

Deux tribunes publiées dans les pages du Monde daté du 13 février, sonnent l’alerte au sujet d’une « restriction sans précédent de l’accès aux archives contemporaines ». Cette indignation s’accompagne d’une protestation de chercheurs étrangers. Parmi les signataires, on trouve de grands noms de l’histoire contemporaine tel que Robert Paxton, spécialiste de la politique de collaboration du régime de Vichy.

Des documents consultables depuis des décennies ne sont plus accessibles aujourd’hui

Les archives ne sont pas fermées mais les temps de communication des documents sont rallongés considérablement, parfois sans information sur l’issue de cette attente. Les signataires des deux textes ne remettent pas en cause la nécessité de contrôler des documents sensibles pour la sécurité nationale mais dénoncent une application abusive de la loi sur les archives de 2008 sans réflexion sur ses conséquences et rappellent que « depuis la Révolution française, la République garantit aux citoyens l’accès aux archives de l’Etat, accès considéré comme une protection indispensable contre l’arbitraire ».

Le fameux tampon « secret » se retrouve parfois sur des documents déjà bien connus, voire publiés. Dans la pétition qui prolonge la tribune du Monde, les auteurs mettent en doute, par exemple, la pertinence d’interdire la consultation des plans du débarquement en Normandie, on peut en douter avec eux.

Ce blocage des archives, on le doit à l’IGI 1300

L’IGI 1300 est une « instruction générale interministérielle » de 2011, une super circulaire, qui met en application la loi sur les archives de 2008. Une mise en application qui intervient 11 ans après le texte législatif, au moment où, pourtant, le président Macron affiche une attitude bienveillante à l’égard de la recherche en ouvrant les archives sur la disparition du militant communiste Maurice Audin, et plus largement sur les disparus de la guerre d’Algérie.

Les fonds du Service historique de la Défense sont particulièrement touchés. Avant les chercheurs avaient accès à un dossier ou un carton d’archives et si des documents classifiés s’y trouvaient on considérait, de fait, qu’ils étaient consultables sans avoir à être déclassifiés. Aujourd’hui ces documents ne sont plus accessibles et avec eux l’ensemble du dossier ou du carton, par mesure de précaution, tant qu’il n’a pas été tamponné « déclassifié » matériellement, c’est à dire tamponné manuellement explicitement et pièce par pièce. Un travail gigantesque.

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Quand les mémoires s’entrechoquent

04 févr. 2020 à 17:30 | mis à jour à 17:34
Ce jeudi, la compagnie Artscénicum propose aux Tanzmatten le spectacle « Les pieds tanqués », qui raconte les blessures secrètes de quatre joueurs de pétanque.
 

Sur un texte et une mise en scène de Philippe Chuyen, la compagnie Artscénicum propose le spectacle Les pieds tanqués , le jeudi 6 février à 20 h 30 aux Tanzmatten.

C’est dans un décor de Provence, chauffé par le soleil, composé d’un boulodrome et de bancs en bois, que quatre joueurs sont en scène dans cette partie de pétanque de tous les dangers : un rapatrié d’Algérie, un Français de l’immigration algérienne, un Provençal « de souche » et un Parisien fraîchement arrivé en Provence.

Au fil du jeu, on apprend qu’ils ont tous une blessure secrète, un lien filial et intime avec la guerre d’Algérie. Ils s’opposent, se liguent, livrent leur vérité… Ils ont cependant à cœur de finir cette partie, sur ce terrain qui les rassemble et les unit. Dans ce spectacle, l’image du « pied tanqué » signifie celle du pied enraciné, on observe les rapports humains entre une population de déracinés ou d’enracinés. C’est une partie de boules avec ses bons mots, ses galéjades, mais aussi ses coups bas, pour évoquer les blessures de l’exil, de la culpabilité, des rancœurs, mais aussi des pardons.

Une pièce où les mémoires s’entrechoquent, dans laquelle la gravité des propos n’exclut pas l’humour. Légère, amusante, accessible aux jeunes et regroupant des personnages plus attachants les uns que les autres, elle montre que, parfois, l’opportunité de passer un moment ensemble est une évidence.

Pour le journal Ouest France, « Artscénicum offre avec Les pieds tanqués une leçon d’intelligence et de jeu, une œuvre émancipatrice ! On pourrait lister tous les écueils d’un tel acte théâtral, Philippe Chuyen les évite tous avec une générosité et une légèreté remarquables. On tire, on pointe et on salue. »

Il y a 60 ans, la France effectuait son premier essai nucléaire dans le désert algérien

La France a effectué en Algérie 57 expérimentations et essais nucléaires entre 1960 et 1966. Soit quatre années après les accords d’Evian qui mettent fin à la guerre d’Algérie.

Le 13 février 1960 débute près de Reggane, dans le désert algérien, une série d’essais nucléaires réalisés dans le plus grand secret par la France. A cette date, l’Algérie est encore un département français. Suivront 56 expérimentations et essais nucléaires jusqu’en 1966 dans le Sahara qui feront de la France la 4e puissance nucléaire mondiale. Les accords d’Evian qui mettent fin à la guerre d’Algérie, en mars 1962, contenaient des clauses secrètes autorisant une présence française dans le désert algérien jusqu’en 1967.

Le 13 février 1960, la bombe au plutonium d’une puissance de 70 kilotonnes, trois à quatre fois celle d’Hiroshima, est placée au sommet d’une tour de 100 mètres. Quand l’explosion est déclenchée, à 7h04, un gigantesque éclair illumine le ciel et au sol, le sable se vitrifie sous l’effet de la chaleur dans un rayon de 300 mètres.

« Hourrah pour la France« , s’enthousiasme depuis Paris le Général de Gaulle dans un télégramme adressé à son ministre présent sur place. « Depuis ce matin elle est plus forte et plus fière. Du fond du cœur, merci à vous et à ceux qui ont, pour elle, remporté ce magnifique succès. »

Depuis des mois, on sait que l’explosion de la première bombe atomique française aura lieu en février ou mars, dans un désert de la région de Reggane, à 1 200 km à vol d’oiseau d’Alger.

Mais ce sont les météorologues qui décident au dernier moment de la date exacte de l’opération baptisée du nom d’un petit rongeur des sables (gerboise bleue). Ce 13 février 1960 au matin, « les conditions sont idéales », les vents doivent limiter la propagation des poussières et laisser retomber les plus lourdes. En altitude, des courants forts soufflant d’Est en Ouest entraîneront le nuage de l’explosion et disperseront les poussières les plus légères dans toute l’atmosphère supérieure.

Le Sahara, zone d’expériementation de la bombe A

Une cité souterraine où travaillent 6 000 à 7 000 personnes a été construite dans les contreforts d’une vallée à côté de Reggane. Cette cité se trouve à 40 km environ du polygone d’expériences de Hamoudia, où est installé le PC atomique d’où la mise à feu sera télécommandée, à 15 km environ de la bombe de type A.

Quiconque s’approche davantage risque la mort car la température s’élève à plusieurs millions de degrés au moment de l’explosion nucléaire. Les personnels portent des lunettes spéciales pour ne pas être aveuglés et doivent tourner le dos à l’explosion, les bras repliés devant le visage, au moment du déclenchement. Ce qui ne suffira pas à les protéger totalement de la radioactivité.

Tous les éléments de la bombe se gazéifient et la pression énorme de ce gaz crée une onde de choc qui produit une destruction mécanique. A cet effet s’ajoutent l’onde lumineuse qui brûle et un rayonnement radioactif.

Sur place, un commentateur dont le reportage sera diffusé plus tard à la radio décrit la lente montée du champignon dont le sommet est blanchâtre et le bas mauve. Il s’élève en même temps qu’il se développe, son sommet s’élargissant sans cesse.

Les compagnies aériennes savent depuis le 8 janvier 1960 qu’une superficie d’environ trois fois la France sera interdite au survol le jour de l’explosion.

La Polynésie prendra le relais de l’Algérie

Les autorités françaises affirmeront trois jours après l’explosion que la radioactivité au sol est partout « très inférieure aux normes de sécurité admises ». Des documents déclassifiés en 2013 révèleront toutefois des retombées radioactives beaucoup plus importantes que celles admises à l’époque, s’étendant à toute l’Afrique de l’Ouest et au sud de l’Europe.

Il faudra attendre les années 2000 et le long combat de vétérans des essais ayant développé des cancers pour en savoir plus sur les conséquences.

Juste après la déflagration, une armada de techniciens en combinaison antiradiations n’auront eu que 15 à 20 minutes, avant les retombées radioactives, pour récupérer sur les lieux de l’explosion les appareils de mesure enfouis dans le sable. Le reste du matériel sera laissé sur place, enfouis dans le sable saharien, ou il présente aujourd’hui encore un danger radioactif.

Le plutonium utilisé pour la bombe vient de l’usine de Marcoule, dans la vallée du Rhône, la seule matière fissile produite à l’époque en France.

Six ans après « Gerboise bleue », la France fera exploser sa première bombe H (thermonucléaire) en Polynésie (Mururoa) beaucoup plus puissante que la bombe à fission testée en Algérie. Elle procèdera à plus de 200 essais nucléaires avant que Jacques Chirac n’annonce leur arrêt définitif, le 29 janvier 1996.

Littérature : décès de Pierre Guyotat, lauréat du prix Médicis en 2018

Venantia Petillault et AFP

L’écrivain Pierre Guyotat, lauréat du prix Médicis en 2018, est mort dans la nuit de jeudi 6 à vendredi 7 février à l’âge de 80 ans, a annoncé sa famille.

Préférant la discrétion à la lumière, l’écrivain restera comme l’auteur de deux œuvres majeures de la littérature française du XXe siècle :  (1967), peut-être le plus grand livre sur la guerre d’Algérie (adapté par Antoine Vitez à Chaillot en 1981) et Éden, Éden, Éden (1970), livre jugé pornographique par les autorités françaises de l’époque, interdit de publicité, d’affichage et de vente aux mineurs.

En 1970, ce second livre avait manqué d’une voix le prix Médicis. Furieux de ce rejet, Claude Simon, futur prix Nobel de littérature, démissionne du jury. Le scandale est immense. L’interdiction du livre ne fut levée qu’en 1981. Guyotat pris sa revanche 48 ans plus tard en recevant (enfin) le Médicis pour Idiotie (Grasset), livre où il revenait sur son parcours. En 2018 toujours, l’écrivain fut couronné par un prix spécial du jury du Femina et le prix de la langue française pour l’ensemble de son oeuvre.

Profondément marqué par la guerre d’Algérie

La plupart des livres de Pierre Guyotat (romans, récits, poèmes et essais…) sont profondément marqués par son expérience traumatisante de la guerre d’Algérie. Il est décédé « dans la nuit de jeudi à vendredi » à l’hôpital, a indiqué son neveu Florent Guyotat.

Premier à réagir, l’ancien ministre de la Culture Jack Lang a fait part de son « immense chagrin » après la disparition de son « très cher ami ». « Cet orfèvre des lettres, véritable virtuose, poète possédé par les mots, était un artiste unique, déterminé et exigeant« , a posté Jack Lang sur ses comptes Twitter et Facebook.