Pierre Mansat : « des archives de la guerre d’Algérie à nouveau interdites »

Pierre Mansat est coauteur du livre « Les disparus de la guerre d’Algérie », dont une partie relate la bataille des archivistes pour ouvrir les fonds liés à cette période. Après l’IGI 1300, une nouvelle loi votée cet été exclut les archives des services secrets de toute communication.
Pierre Mansat est coauteur du livre « Les disparus de la guerre d’Algérie » (L’Harmattan), dont une partie relate la bataille des archivistes et des chercheurs pour ouvrir les fonds liés à cette période contemporaine de l’histoire.

Enquête à la première personne : l’Algérie des camps

Dorothée Myriam Kellou part en voyage avec son père à Mansourah, son village natal en Algérie, pour documenter une mémoire intime et douloureuse : les camps de regroupement organisés par l’armée française qui ont rassemblé plus de deux millions de personnes à partir de 1955.

Que faire quand on grandit avec un père silencieux qui ne peut pas parler de son expérience de la colonisation française en Algérie ? Dorothée Myriam Kellou a décidé d’interroger la mémoire de son père, réalisateur algérien exilé en France. Elle est partie en voyage avec lui à Mansourah, son village natal, pour documenter une mémoire intime et encore douloureuse : les camps de regroupement des Algériens organisés par l’armée française qui ont rassemblé plus de deux millions de personnes à partir de 1955.

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Harkis: un premier feu vert au projet de loi française de «réparation»

L’Assemblée nationale française a donné jeudi 18 novembre un premier feu vert au projet de loi pour demander « pardon » et tenter de « réparer » les préjudices subis par les harkis et leurs familles, avec une indemnisation que l’opposition espérait plus large.

Le texte, voté en première lecture par 46 voix contre 1 et 6 abstentions, est maintenant attendu au Sénat. Près de soixante ans après la guerre d’Algérie, il se veut la traduction législative d’un discours d’Emmanuel Macron, qui avait demandé « pardon » à ces Algériens ayant combattu aux côtés de l’armée française, mais qui furent « abandonnés » par la France.

Le projet de loi allie dimension mémorielle et indemnisation. Il reconnaît « les conditions indignes de l’accueil » réservé aux 90 000 harkis et à leurs familles qui ont fui l’Algérie après l’indépendance. Près de la moitié d’entre eux ont été relégués dans des camps et des « hameaux de forestage ».

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L’histoire oubliée des bidonvilles de Nanterre

À la fin des années 50, plus de 10.000 ouvriers algériens logent dans des baraquements de tôle à Nanterre. Leurs petits enfants n’ont pas quitté la ville mais ne connaissent bien souvent pas cette histoire.
« On vivait dans des baraquements. Mais des baraques avec vue sur la tour Eiffel ! » Tout en servant le thé à la menthe, Ahmed raconte l’histoire de sa famille, de l’Algérie au bidonville de Nanterre. « Il se trouvait exactement ici, où est cet immeuble. » La vue sur Paris depuis sa terrasse, au quatrième étage d’un HLM, est coupée par les gratte-ciels de la Défense, deux rues plus loin. Pourtant, il y a soixante ans, il n’y a que des ruelles étroites et boueuses, où s’entassent ces maisonnettes de tôle et de bois. Une seule pièce pour toute une famille, sans W.-C. ni eau potable. « Il fallait aller la chercher à la fontaine la plus proche. » Ahmed est né dans l’une de ces baraques dont il parle. Son père déménage en France au milieu des années 1950 pour travailler dans le bâtiment : « À l’heure du plan Marshall, il a fallu tout reconstruire ! Les patrons sont venus chercher de la main-d’œuvre dans les zones rurales d’Algérie. Ils touchaient les mains des ouvriers pour voir s’ils étaient de bons travailleurs. » Mais les logements de ces ouvriers n’ont pas suivi.

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Respect et mémoire

Hubert GERMAIN, dernier des 1 038 compagnons de la Libération est décédé le 12 octobre 2021. Un hommage national lui a été rendu dans la Cour d’Honneur de l’Hôtel National des Invalides, le 15 octobre. Madame Christiane DOMART et Monsieur Pierre DUMONT porte-drapeaux du comité Du 7e de la FNACA de Paris témoignaient par leur présence de la fraternité existant au sein des générations d’anciens combattants et des combattants d’aujourd’hui.

60e anniversaire de la fin de la guerre d’Algérie: vers un hommage aux Invalides?

L’année 2022 marquera le soixantième anniversaire de la fin de la guerre d’Algérie. À cette occasion, la FNACA (Fédération nationale des anciens combattants en Algérie, Maroc, Tunisie) souhaite que la cérémonie nationale qui sera organisée puisse comporter des symboles forts.

Afin de préparer cette commémoration, les responsables de la FNACA ont sollicité une entrevue auprès du président de la République.

Ils ont également demandé l’appui du député de la Loire, Régis Juanico. Ce dernier, membre du Conseil parlementaire de la FNACA, à d’ailleurs écrit à Emmanuel Macron pour lui faire part des désidératas des anciens combattants de la guerre d’Algérie.

Dans son courrier, le député mentionne « la promotion spéciale dans les Ordres nationaux et l’organisation d’une cérémonie nationale dans la cour des Invalides en l’honneur des morts pour la France lors de ce conflit ».

« Marquer cet anniversaire de façon exceptionnelle »

Le député suggère que l’on puisse au cours de cette cérémonie présenter « un catafalque recouvert du drapeau tricolore représentant les 30 000 jeunes hommes morts au combat et de leur décerner collectivement, à titre posthume, une unique Légion d’honneur ».

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Guerre d’Algérie : ce que contient le projet de loi pour demander « pardon » aux harkis

Ce jeudi, les députés ont adopté le projet de loi qui vise à reconnaître et à indemniser cette communauté longtemps stigmatisée.

s’agit de « dépasser dénis et tabous », a martelé la ministre déléguée chargée de la Mémoire et des Anciens combattants Geneviève Darrieussecq. L’Assemblée nationale a donné jeudi un premier feu vert au projet de loi pour demander « pardon » aux harkis et à leurs familles. Leur histoire tragique a parfois suscité l’émotion à l’Assemblée nationale, où planent encore les fantômes de la guerre d’Algérie. Le texte, voté en première lecture par 46 voix contre 1 et 6 abstentions, est maintenant attendu au Sénat.

Près de 130 amendements avaient été déposés sur le texte qui se veut la traduction législative d’un discours d’Emmanuel Macron le 20 septembre à l’Elysée devant les représentants de cette communauté. Près de soixante ans après la fin de la guerre d’Algérie, le texte vise à allier dimension mémorielle et indemnisation. C’est un « tournant historique dans la reconnaissance », s’est félicitée la ministre déléguée.

Le projet de loi jongle avec le symbolique et le concret. Il reconnaît les « services rendus en Algérie par les anciens membres des formations supplétives qui ont servi la France et qu’elle a délaissés lors du processus d’indépendance de ce pays ». Jusqu’à 200 000 harkis avaient été recrutés comme auxiliaires de l’armée française pendant le conflit entre 1954 et 1962. Mais après les accords d’Evian le 18 mars 1962 consacrant la défaite française en Algérie, le gouvernement français refuse leur rapatriement massif. Seuls quelque 42 000 harkis sont évacués en France par l’armée vers des camps aux conditions de vie difficiles. D’autres y parviennent clandestinement et au total environ 90 000 personnes arrivent en France, pour la majorité entre 1962 et 1965. Le texte reconnaît également « les conditions indignes de l’accueil » qui leur a été réservé. Près de la moitié d’entre eux ont été relégués dans des camps et des hameaux de forestage.

Le projet de loi prévoit aussi la « réparation » du préjudice avec, à la clef, une somme forfaitaire tenant compte de la durée du séjour dans ces structures. D’ores et déjà, cinquante millions d’euros ont été inscrits dans le projet de budget 2022 pour abonder le fonds d’indemnisation. A gauche ou à droite, les oppositions demandent que les mesures de réparation touchent tous les harkis, et pas seulement ceux qui ont « transité par ces camps », selon le communiste André Chassaigne. De son côté, Julien Aubert (LR) a demandé à ne « pas trier » les harkis ni « hiérarchiser leurs souffrances ». Le projet de loi « n’a pas vocation à dire l’Histoire ou à décrire les souffrances », a ajouté la ministre déléguée. Selon elle, « la réparation ne peut pas tout, elle n’efface pas les souvenirs douloureux ».

« Malheur à ceux qui réactivent sans celle les termes du conflit »

Sous le regard de représentants de la communauté harkie présents en tribune, plusieurs orateurs des groupes politiques, dont certains sont des descendants de rapatriés d’Algérie, ont laissé percer leur émotion telle la rapporteure LREM Patricia Mirallès. Emotion également partagée par des députés comme David Habib (PS) ou Alexis Corbière (LFI) dont les circonscriptions comptent de nombreux descendants de ces Algériens qui ont combattu aux côtés de l’armée française avant de débarquer en métropole dans « des conditions indignes ».

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La guerre d’Algérie au cœur d’une crise mémorielle

La Lettre de l’éduc.

La guerre d’Algérie au cœur d’une crise mémorielle

La mémoire de la guerre d’indépendance algérienne est à l’origine d’une crise diplomatique entre Alger et Paris. Cette actualité peut faire un très bon sujet pour l’épreuve du grand oral et s’inscrit parfaitement dans le thème 3 en HGGSP : “Histoire et mémoires”, rappelle cette semaine Benjamin Daubeuf, enseignant en histoire-géographie au lycée Val-de-Seine du Grand-Quevilly.

Dans cette nouvelle formule de la Lettre de l’éduc, Benjamin Daubeuf vous propose deux types de contenus, suivant l’actualité : l’analyse de plusieurs articles de la presse étrangère traduits par Courrier international – comme cette semaine – afin de permettre aux élèves de première et de terminale en spécialité HGGSP d’enrichir leurs connaissances et leurs copies en faisant des liens entre leurs cours et l’actualité ; ou une sélection d’articles sur des questions d’actualité qui pourraient servir de support pour un sujet de grand oral.

Cette semaine, nous avons sélectionné quatre articles de la presse algérienne, afin de vous aider à y voir plus clair sur les enjeux de la crise entre l’Algérie et la France au sujet de la guerre d’indépendance algérienne.

Depuis qu’en janvier 2021 l’historien Benjamin Stora a remis à Emmanuel Macron un rapport sur la guerre d’Algérie, censé apaiser les tensions entre les deux pays, une véritable crise mémorielle et diplomatique empoisonne les relations entre Alger et Paris.

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Guerre d’Algérie : Christian Hongrois, « Fils de barbouze », oui, mais pas enfant de salaud

Avec son nouveau livre « Fils de barbouze », l’ethnologue Christian Hongrois raconte la vie de son père, Marcel, pendant la guerre d’Algérie. Un témoignage rare de l’intérieur de la lutte anti-OAS, car officiellement les barbouzes n’ont jamais existé et leurs archives ont été détruites

Dans « Enfant de salaud », Sorj Chalandon fouille le passé de son père collabo pétainiste. « Fils de Barbouze » pourrait être de cette veine : la découverte d’un père sulfureux qui n’a pas les cuisses propres (ni les mains), depuis la guerre d’Algérie. Erreur. L’anthropologue charentais-maritime Christian Hongrois nous parle d’une autre sorte de barbouze.

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