Les conférences

Découvrez les ouvrages et les auteurs qui viendront présenter leur livre durant le Forum des Écrivains 2015


LA GUERRE DES MÉMOIRES :
LA FRANCE FACE À SON PASSÉ COLONIAL
Benjamin Stora
Aube Éditions

Harkis, pieds-noirs, descendants d’esclaves ou petits-enfants de colonisés… la guerre des mémoires enfle. Chaque communauté, réelle ou autoproclamée, réclame une stèle, un mémorial, une loi. Communautarisme ! Atteinte à la République ! Maladie de la repentance !…

Dans un dialogue avec le journaliste Thierry Leclère, l’historien Benjamin Stora décode cette formidable foire d’empoigne, riche de passions, de douleurs enfouies et d’arrière-pensées politiques. Qu’est-ce qu’être Français, aujourd’hui ? Un débat du présent, qui concerne chacun d’entre nous car il interroge le nouveau visage de la France.

« L’historien plaide pour un regard lucide de la France sur son passé colonial. » L’Humanité

« Une longue et passionnante discussion avec Thierry Leclère (…). Refusant la neutralité universitaire et le simplisme bien-pensant, Benjamin Stora revient avec rigueur sur les origines des débats mémoriels et sur ses enjeux tant historiques que politiques. » Zined Dryef, Rue 89


L’ALGÉRIE RÉVÉLÉE
Gilbert Meynier
Éditions Bouchène

Un grand livre d’histoire, incontestablement, que celui de Gilbert Meynier. Si le mot dialectique a un sens, ce dont, à voir l’usage qui en est fait, je ne suis pas toujours persuadé, c’est un livre profondément dialectique. Un livre, d’abord, qui sait jouer sur l’immobile et sur le changeant. « Le colonialisme, disait Jean-Paul Sartre, est un système ». Et certes, le système est en place avant comme après la Première Guerre mondiale. Avant comme après, il y a deux sociétés superposées, le droit des uns qui exclut le droit des autres. Avant comme après, la représentation « algérienne » au parlement français est exclusivement européenne. Économiquement, la dépendance reste la même. C’est à peine si l’on peut parler, par la suite des difficultés des communications avec la métropole, d’un début d’industrialisation. Devant la misère, la maladie, la mort, les deux sociétés restent, avant comme après, fondamentalement inégales, et ceci bien qu’il s’agisse – et c’est bien le drame – de deux sociétés complètes. Comme le dit fort bien Gilbert Meynier, après la guerre, « dans les grandes lignes, pour le pouvoir colonial, rien n’a changé. En fait, tout a changé ». Pierre Vidal-Naquet

De la guerre est sortie une Algérie nouvelle que les dirigeants coloniaux et aussi français ne veulent pas voir tant ils sont attachés aux schémas d’un passé dépassé. L’exemple le plus vivant me semble Viollette qui attaque les communistes dans les années 20 et devient plus tard « Viollette l’Arabe », diront certains en 36, mais qui, lors de la guerre d’indépendance algérienne, se rangera du côté de « l’Algérie française ». Rude épreuve pour l’Algérie coloniale; elle a mis à nu des forces nouvelles et aussi des hommes nouveaux. Merci donc à G. Meynier de nous faire toucher, en ce centième anniversaire du début de la Première Guerre mondiale, plus de trente ans après la première édition de son livre, les forces profondes nées en quatre ans ; quatre ans aussi de cécité pour les dirigeants français d’Alger et de Paris.

Né à Lyon en 1942, Gilbert Meynier a été professeur de lycée en France et en Algérie, maître de conférences d’histoire contemporaine à l’université de Constantine (1968-1970), maître de conférences puis professeur à l’université de Nancy II (1971-2000). Il travaille depuis 1968 sur l’histoire de l’Algérie contemporaine et collabore à plusieurs revues, dont la revue oranaise Insaniyat, et aussi Confluences Méditerranée et Raison présente. Il a participé à nombre de colloques et fait des conférences – en France, mais aussi en Algérie, Allemagne, Italie, Royaume-Uni… Il a contribué à mettre sur pied le colloque international des 20-21-22 juin 2006, « Pour une histoire critique et citoyenne. Le cas de l’histoire franco-algérienne ». À Lyon, aussi, il collabore au cycle de conférences « France-Algérie. Les chemins de la Rencontre » comme représentant de la Cimade, en partenariat avec d’autres associations. Il collabore, à Paris, à l’iReMMO (Institut de Recherche et d’Études Méditerranée-Moyen-Orient), et à Lyon, au FORSEM (Forum de Solidarité Euro-Méditerranéenne).

 


ORAN, 5 JUILLET 1962
Guy Pervillé
Vendémiaire

De tous les événements liés à la guerre d’Algérie, aucun n’a subi une occultation aussi complète que le massacre subi à Oran, le 5 juillet 1962, soit quelques mois après les accords d’Évian, par une partie de la population européenne de la ville. C’est pourtant celui dont le bilan est, de très loin, le plus lourd : en quelques heures, près de 700 personnes ont été tuées ou ont disparu sans laisser de traces.
Qui a organisé ce massacre ? S’agit-il d’un mouvement de foule spontané, dans une ville ravagée depuis des mois par les attentats de l’OAS ? Ou d’un règlement de compte entre les diverses tendances du nationalisme algérien ? Et pourquoi l’armée française, pourtant dûment informée, est-elle restée des heures durant sans intervenir ? À Paris, le gouvernement était-il au courant et a-t-il délibérément laissé dégénérer une situation dont le règlement revenait désormais à l’Algérie indépendante ?

Reprenant les témoignages, les ouvrages des journalistes et les travaux des historiens sur la question, Guy Pervillé propose ici une magistrale leçon d’histoire pour comprendre cet événement tragique, ainsi que le silence mémoriel qui l’entoure.

 


NOSTALGÉRIE
Alain Ruscio
La Découverte

Pour des centaines de milliers d’Européens qui ont naguère vécu en Algérie, l’idéalisation du passé s’est transformée en une « nostalgérie », beau mot chargé de mélancolie. Mais le drame commence lorsqu’on constate qu’une seule famille politique française, celle des anciens de l’Organisation armée secrète (OAS) et de leurs héritiers, l’a malhonnêtement et durablement instrumentalisée. Non contents d’avoir mené toute une communauté à l’impasse puis à l’exil, les « ultras » de l’Algérie française ont tenté, depuis, d’accaparer sa mémoire. Et ils y sont en partie parvenus.
Ces hommes ont fait le choix, à partir de février 1961, d’enclencher en toute connaissance de cause une incroyable spirale de violence terroriste, en Algérie comme en France. Alain Ruscio propose dans ce livre un récit synthétique des racines et de l’histoire de ce tragique épisode, ainsi que de ses séquelles contemporaines.

Mobilisant un impressionnant corpus documentaire – dont beaucoup de Mémoires d’anciens de l’OAS –, l’auteur retrace la dérive de ces officiers à l’idéal patriotique dévoyé, militants fascisants et petits malfrats transformés en assassins, qui ont eu l’incroyable prétention de « bloquer l’histoire », comme l’avait écrit Pierre Nora dès 1961. Enfin, Alain Ruscio explique comment et pourquoi la mémoire brûlante de ces années de folie meurtrière travaille toujours, de façon souterraine, la société française.
Ce livre est une précieuse réponse à l’un des derniers négationnismes que véhicule encore une certaine histoire coloniale «à la française».

 


LA GUERRE D’ALGÉRIE REVISITÉE, NOUVELLES GÉNÉRATIONS, NOUVEAUX REGARDS
Aïssa Kadri et Moula Bouaziz, sous la direction de Tramor Quémeneur,
Karthala

Ses travaux apportent de nouveaux éclairages sur la compréhension de la guerre. Les approches explorent davantage les racines et les dimensions internationales du conflit. Sont ainsi abordés le rôle de la Hongrie, de l’Italie, d’Israël et de la Croix Rouge.

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