Rendre accessibles les archives de la guerre d’Algérie

Il serait temps que la France cesse de se distinguer parmi les démocraties par des entraves à la liberté d’accès à ses archives. Si les obstacles longtemps opposés à l’accès à celles de la Seconde Guerre mondiale ont été peu à peu levés, il en persiste d’importants concernant l’accès à celles d’une autre page de son histoire, celle des guerres coloniales, en particulier de la guerre d’Algérie.

La France n’a pas à rougir de son histoire. Nombreux sont les épisodes qui sont pour ses citoyens d’aujourd’hui des motifs de fierté, de la proclamation des droits de l’homme en 1789 à sa contribution à la déclaration universelle de 1948, en passant par le « moment de la conscience humaine » qu’a été la dénonciation, en 1898, de l’injustice faite à Dreyfus, ou par la loi qui a imposé, en 1905, au prix d’un important débat de société, la séparation des Eglises et de l’Etat. Forte de cette histoire, la France n’a pas lieu de dissimuler d’autres pages moins glorieuses qui, elles aussi, appartiennent à son passé. Celle de la Seconde Guerre mondiale, où « il n’y a pas eu beaucoup de Jean Moulin » et où ses institutions ont collaboré avec l’occupant, a longtemps été tenue dans l’ombre. Et aujourd’hui celle des guerres coloniales, où de nombreux crimes ont été commis en son nom, reste difficile à aborder en raison de la non communicabilité d’un certain nombre d’archives d’Etat.

Les archives doivent être librement accessibles aux citoyens. Une loi de la Première République, du 24 juin 1794, a créé les « Archives nationales », elle stipule que « Tout citoyen peut demander communication des documents qui sont conservés dans les dépôts des archives, aux jours et heures qui sont fixés ». Elle pose le principe selon lequel l’accès aux archives est un droit civique.

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