Baptiste Amann au Théâtre de la Bastille, performance du dernier volet des Territoires

Le jeune auteur et metteur en scène Baptiste Amann, 33 ans, clôt une formidable saga historique en trois volets avec Territoires (…et tout sera pardonné ?). Après la Révolution et la Commune, c’est la guerre d’Algérie qu’il sonde à travers l’actualité. On y retrouve la fratrie qu’il a mise en scène au fil de sa trilogie construite au total sur six années avec de jeunes acteurs issus pour la plupart de l’école de Cannes et Marseille (ERACM).

Lyn, Benjamin, Hafiz et Sam sont les frères et sœurs que l’on a suivis, d’abord autour de la figure de Condorcet, ensuite de Louise Michel et ici autour de Djamila Bouhired, icône algérienne de la révolution anti-coloniale. Développant une théâtralité qui déstructure l’espace et le temps, Baptiste Amann enchâsse les années cinquante à la société contemporaine et croise des lieux, tels une salle de procès à Alger, l’hôpital Henri Duffaud d’Avignon, des zones de logements sociaux, des rappels des quartiers dits sensibles allant de Vaulx-en-Velin au Mirail de Toulouse. La fratrie qui est le pivot de son action se retrouve, après la mort des parents, au chevet de l’un des leurs après une émeute. Dans l’hôpital où le médecin annonce la gravité de l’état de Benjamin, une aile des bâtiments est occupée par une équipe de tournage pour un film sur Djamila Bouired. Maniant les enchevêtrements tous azimuts, le metteur en scène va jusqu’à placer sur le plateau deux scènes en parallèle dans des endroits différents. Cette fusion des chronologies et des espaces qu’il a déjà brillamment réussie dans les premiers volets, prend à nouveau un tour riche en résonances et en pistes de réflexions.

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