Mémoire

A Dreux, Gisèle Quérité mène une bataille de rue pour la mémoire

Mardi 20 Octobre 2020

 Dreux a suffisamment subi d’affronts comme ça », lâche Gisèle Quérité, secrétaire départementale du PCF, quand on l’interroge sur la cérémonie qu’elle a organisée avec ses camarades d’Eure-et-Loir, auxquels se sont joints des militants de Génération.s et de la France insoumise, ce 17 octobre. La date choisie – anniversaire de ce sinistre jour de 1961 où des Algériens manifestant pour l’indépendance trouvèrent la mort à Paris et en banlieue – ne doit rien au hasard. Le lieu non plus. Armés de pancartes au nom de Maurice Audin – ce mathématicien communiste torturé et assassiné par l’armée française pendant la guerre d’Algérie –, les militants ont symboliquement rebaptisé, samedi, la rue Marcel-Bigeard de la commune.

200 paras

C’est l’ancien maire LR de Dreux Gérard Hamel, qui, l’année dernière, avait choisi de célébrer la mémoire de ce militaire, tortionnaire en Algérie qui a laissé son nom, avant tout, aux « crevettes Bigeard », ces prisonniers ligotés et noyés dans la Méditerranée. À l’époque, quelque 200 paras étaient venus saluer la décision de l’édile et, samedi encore, une poignée d’entre eux a tenté d’entraver l’initiative communiste à coups de Marseillaise pour empêcher les discours. Pas de quoi impressionner Gisèle Quérité : « C’est un nom salissant une rue et une ville tout entière », a-t-elle rappelé, avant d’entonner à son tour l’hymne national, dont « les paras n’ont pas le monopole ». La responsable communiste a pris la plume, lundi, pour inviter le nouveau maire de droite, Pierre-Frédéric Billet, à adopter définitivement le nom de Maurice Audin pour cette rue.

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