« De Gaulle peut être un personnage de passage entre la France et l’Algérie »

L’historien Benjamin Stora, chargé par Emmanuel Macron de rendre un rapport, attendu pour janvier, sur la réconciliation mémorielle entre la France et l’Algérie, revient sur l’absence de volonté de De Gaulle d’examiner le passé douloureux de la colonisation et de la guerre après 1962.

Propos recueillis par

Publié le 08 janvier 2021 à 08h27

Temps de Lecture 2 min.

Benjamin Stora, auteur d’Une mémoire algérienne (Robert Laffont, collection « Bouquins », 2020), explique que le manque d’égards du Général pour les trois groupes de mémoire touchés par l’issue de la guerre – pieds-noirs, harkis et officiers – a été ressenti comme une blessure qui est restée.

Quel rôle de Gaulle a-t-il joué dans la construction de la mémoire de la guerre d’Algérie ?

S’il fut le décideur principal du passage à l’indépendance de l’Algérie, il n’y a pas eu, après 1962, de volonté de sa part de s’attarder sur ce passé récent, ni de prêter une attention particulière aux trois groupes de mémoire touchés par l’issue de cette guerre : les pieds-noirs, dont il pensait qu’une partie d’entre eux resteraient en Algérie – il a été démenti sur ce point ; les harkis, dont il ne souhaitait pas le rapatriement ; et les appelés du contingent, soit 1,5 million de soldats. Ses deux principaux objectifs étaient de garder des liens (essentiellement économiques) avec l’Algérie indépendante et d’éviter les affrontements entre Français – alors que la France avait connu une guerre civile entre 1960 et 1962 avec les attentats de l’OAS, le putsch des généraux –, d’où trois lois d’amnistie votées en 1962, 1964 et 1968.

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