Kamel Daoud – France-Algérie : que faire si on arrête la guerre ?

ANALYSE. L’écrivain a lu le rapport remis par l’historien Benjamin Stora à Emmanuel Macron sur la colonisation et la guerre d’Algérie.
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C’est un homme sans histoire », conclut, lors d’un aparté avec le chroniqueur, un célèbre académicien à propos de Macron. Comprendre : c’est un enfant des Indépendances, pas des colonisations. Et ce n’est pas plus mal. Voilà donc un président qui ne subit pas le poids de l’Histoire, ce qui à la fois le libère des précautions et des hésitations pour traiter la question de la colonisation, mais aussi du piège d’une position trop technicienne, presque sans empathie, face aux « communautés » que la guerre d’Algérie a enfantées : pieds-noirs, immigrés, victimes, tortionnaires, vétérans, nationalistes ou déportés, harkis ou dépossédés.

On accuse Macron de traiter la « question » comme on le fait d’un capital-décès, de ne pas en partager les douleurs et les blessures. Le rapport Stora, dans ses préambules, insiste d’ailleurs sur les « ressentiments » et l’éthos des uns et des autres. Dans les deux cas cependant, Macron restera le président qui a le plus avancé sur ce dossier de la mémoire entre la France et l’Algérie. Celui qui a osé ou obligé à la réflexion concrète. Les raisons ? Peut-être qu’à force de penser selon les colonnes des bénéfices et des pertes, le président français a compris ce que des adversités ont saisi il y a des décennies : tant qu’on ne règle pas, à la lumière du jour et selon les poids assumés des responsabilités, par un récit de l’histoire et non des sentiments, la question « algérienne », d’autres en feront leurs fonds de commerce et leurs instruments de guerre à la république.

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