Enseignement de la guerre d’Algérie : « Au lieu de nous diviser, comprendre l’histoire nous unit »

Dans le cadre des débats sur la mémoire de la guerre d’Algérie, Aurélien Sandoz, professeur d’histoire, raconte les « espaces de dialogue » féconds sur le sujet mis en œuvre au lycée Galilée de Gennevilliers
Par Aurélien Sandoz(Professeur d’histoire au lycée Galilée de Gennevilliers)

Publié le 23 mars 2021 à 06h15Temps de Lecture 5 min.

La série de témoignages « Territoires vivants » paraît dans « Le Monde de l’éducation ». Si vous êtes abonné au Monde, vous pouvez vous inscrire à cette lettre hebdomadaire en suivant ce lien.
« Territoires vivants ». Rapport Stora, reconnaissance de la responsabilité de la France dans l’assassinat de l’avocat Ali Boumendjel, ouverture des archives, jusqu’à la commémoration récente du cessez-le-feu du 19 mars 1962, l’actualité mémorielle récente montre que tout ce qui touche à la guerre d’Algérie est encore à vif dans la société française. Or, enseigner sur ce sujet peut s’avérer bien plus serein qu’on ne l’imagine spontanément.

De quoi avons-nous peur ? Les historiens mènent un travail rigoureux, porteur d’apaisement. Comme le rappelle Benjamin Stora, « à l’heure de la compétition victimaire et de la reconstruction des récits fantasmés, on verra que la liberté d’esprit et le travail historique sont des contre-feux nécessaires aux incendies de mémoires enflammées, surtout dans la jeunesse ». Depuis plusieurs années, au lycée Galilée de Gennevilliers (Hauts-de-Seine), nous allumons ces contre-feux, puisque c’est notre métier d’enseignant et au programme d’histoire.

Gennevilliers a abrité dans les années 1950 un bidonville accueillant une population algérienne. Sa population a laissé un riche matériau dans lequel nous avons emmené nos élèves puiser, au sein des archives municipales.

Lorsque nous étudions avec eux un document qui semble aride de prime abord, des questions le rendent rapidement vivant : l’archive ment-elle ? Qui a produit ce document ? Est-ce une archive exceptionnelle ou banale ? C’est avec l’humilité de chercheurs amateurs, avec l’aide de l’historienne Raphaëlle Branche et du regard bienveillant de l’historien Daho Djerbal, que lycéens et enseignants abordent, par exemple, les plaintes d’instituteurs inquiets des violences subies par les travailleurs algériens, ou encore la liste des corps retrouvés sur les bords de Seine après la manifestation du 17 octobre 1961. Autant de pièces précieuses qui nous amèneront, dans quelque temps, à créer une cartographie interactive des lieux, objets et témoignages accumulés.

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