Mémoire Hommage national aux harkis : «On espère que le Président ne nous décevra pas»

Après le «pardon» exprimé par le chef de l’Etat lundi, les anciens combattants ont assisté à la traditionnelle journée d’hommage national, ce samedi. Entre soulagement et prudence, les descendants de harkis attendent beaucoup de la loi de «reconnaissance et de réparation» annoncée par Emmanuel Macron.

par Victor Boiteau publié le 25 septembre 2021 à 18h53

Khadra Safrioune se souvient de la «faim et du froid» de son enfance, dans la cité de l’Oasis, à Saint-Valérien, dans l’Yonne. Fille de harki, elle est arrivée en France à l’âge de trois ans. D’abord à Rivesaltes (Pyrénées-Orientales), un ancien camp militaire où transitèrent des milliers de familles de rapatriés après les accords d’Evian, signés le 18 mars 1962 et mettant fin à la guerre d’Algérie.

«J’allais à l’école à pied. Nous n’avions ni chauffage, ni vêtements chauds, se souvient pour Libération la présidente de l’association des harkis et de leurs enfants Aube-Bourgogne. Les souvenirs sont intacts, ils sont gravés.» A elle, aux autres descendants de harkis et aux anciens combattants eux-mêmes, Emmanuel Macron a officiellement demandé «pardon», lundi dernier. «Au nom de la France, je dis aux harkis et à leurs enfants, à voix haute et solennelle, que la République a alors contracté à leur égard une dette, a déclaré le chef de l’Etat, devant près de 300 invités conviés pour l’occasion à l’Elysée. Aux combattants, je veux dire notre reconnaissance. Nous n’oublierons pas. Aux combattants abandonnés, à leurs familles qui ont subi les camps, la prison, le déni, je demande pardon, nous n’oublierons pas.»

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