Mémoire de la guerre d’Algérie : un combat fratricide sanglant a opposé sur le sol français les nationalistes du FLN à ceux du MNA


Alors que la France vient de reconnaître, 60 ans après les faits, le massacre du 17 octobre 1961, des épisodes sanglants de la guerre d’Algérie ont souvent été passés sous silence. Le travail de mémoire doit se poursuivre des deux côtés de la Méditerranée.
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Publié le 18/10/2021 18:51
Temps de lecture : 2 min.
Manifestation d’ouvriers algériens en grève à l’appel du Mouvement national algérien dirigé par le leader nationaliste Messali Hadj à Paris, le 9 mars 1956. (- / INTERCONTINENTALE)
Le territoire français fut le théâtre d’un affrontement meurtrier entre le Front de libération nationale (FLN) et son rival, le Mouvement nationaliste algérien (MNA), héritier de l’Etoile nord-africaine, créée en 1926 à Paris par Messali Hadj. Une guerre fratricide qui aurait fait, selon les chiffres officiels des autorités françaises, près de 3 957 morts et 10 223 blessés dans les deux camps entre 1956 et 1962. Eliminé physiquement par le FLN, le MNA sera ensuite effacé de la mémoire algérienne.

En France, des cadres de l’Union des syndicats des travailleurs algériens (USTA), proches du MNA, seront assassinés de 1957 à 1959 par le FLN. Le 17 septembre 1959, un groupe armé du Front de libération nationale tentera de tuer Messali Hadj, le vieux dirigeant nationaliste à Gouvieux, dans l’Oise. Cet attentat manqué contre le pionnier de la cause indépendantiste algérienne constitue un épisode marquant de la compétition violente que se sont livrées les organisations nationalistes en lutte contre le colonialisme français.

L’argent de l’immigration
Durant toute la guerre d’Algérie, la lutte entre le FLN et le MNA est féroce pour obtenir l’adhésion des Algériens travaillant en France. En jeu, s’imposer à la table des négociations avec de Gaulle et surtout mettre la main sur l’argent récolté au sein de l’immigration, qui finance l’achat d’armes du FLN. L’impôt FLN est d’environ 8% du salaire. En 1960, il représente 80% du budget du FLN. Un individu qui persiste à refuser de payer sa cotisation mensuelle au FLN peut être éliminé par des commandos du mouvement.

Le FLN, minoritaire en 1955, s’impose peu à peu par la force contre son rival en France : règlements de comptes sanglants (mitraillages de cafés, liquidations physiques, attentats ciblés) vont faire plusieurs milliers de morts et blessés. Pour se protéger, les partisans du MNA se regroupent par quartiers ou par hôtels. Certaines rues comprennent des hôtels FLN ou des hôtels MNA. La police effectue des barrages la nuit sur certains axes pour séparer les deux camps et, à la fin de la guerre, pour protéger le MNA.

Sorti vainqueur de son affrontement avec le MNA, le FLN mène en parallèle la lutte contre les services de police français.

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