L’histoire oubliée des bidonvilles de Nanterre

À la fin des années 50, plus de 10.000 ouvriers algériens logent dans des baraquements de tôle à Nanterre. Leurs petits enfants n’ont pas quitté la ville mais ne connaissent bien souvent pas cette histoire.
« On vivait dans des baraquements. Mais des baraques avec vue sur la tour Eiffel ! » Tout en servant le thé à la menthe, Ahmed raconte l’histoire de sa famille, de l’Algérie au bidonville de Nanterre. « Il se trouvait exactement ici, où est cet immeuble. » La vue sur Paris depuis sa terrasse, au quatrième étage d’un HLM, est coupée par les gratte-ciels de la Défense, deux rues plus loin. Pourtant, il y a soixante ans, il n’y a que des ruelles étroites et boueuses, où s’entassent ces maisonnettes de tôle et de bois. Une seule pièce pour toute une famille, sans W.-C. ni eau potable. « Il fallait aller la chercher à la fontaine la plus proche. » Ahmed est né dans l’une de ces baraques dont il parle. Son père déménage en France au milieu des années 1950 pour travailler dans le bâtiment : « À l’heure du plan Marshall, il a fallu tout reconstruire ! Les patrons sont venus chercher de la main-d’œuvre dans les zones rurales d’Algérie. Ils touchaient les mains des ouvriers pour voir s’ils étaient de bons travailleurs. » Mais les logements de ces ouvriers n’ont pas suivi.

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