Guerre d’Algérie : « La question » d’Henri Alleg reposée sur les planches

Par Mabrouck Rachedi
Mis à jour le 16 décembre 2021 à 10:11
Stanislas Nordey sur la scène du Théâtre des quartiers d’Ivry © Jean-Louis Fernandez
Dans une pièce de théâtre mise en scène par Laurent Meininger, Stanislas Nordey redonne vie aux écrits du journaliste Henri Alleg. Une ode à la résistance et une dénonciation du recours à la torture.

« C’est aux « disparus » et à ceux qui, sûrs de leur cause, attendent sans frayeur la mort, à tous ceux qui ont connu les bourreaux et ne les ont pas craints, à tous ceux qui, face à la haine et la torture, répondent par la certitude de la paix prochaine et de l’amitié entre nos deux peuples [algérien et français] qu’il faut que l’on pense en lisant mon récit, car il pourrait être celui de chacun d’eux. » Ainsi se termine le premier chapitre de La Question, d’Henri Alleg. Ainsi résonne sa voix, portée par Stanislas Nordey, sur la scène du Théâtre des quartiers d’Ivry, près de Paris.

Maison des horreurs
La sobriété dans le récit des tortures subies par Alleg pendant un mois dans un immeuble désaffecté d’El-Biar, dans la banlieue d’Alger, on la retrouve dans le jeu du comédien et la mise en scène de Laurent Meininger. Elle fait entendre ce que l’écrivain François Mauriac avait appelé « le ton neutre de l’Histoire. » Pas besoin de mille effets pour vivre l’horreur des sévices : les coups, la gégène, les brûlures, le penthotal ou sérum de vérité, les menaces contre sa famille… Le supplicié décrit avec une précision clinique l’enchaînement des événements depuis son arrestation le 12 juin 1957 chez son ami et camarade du parti communiste Maurice Audin, qui ne reviendra jamais de cette maison des horreurs. On découvre la guerre telle qu’elle est.

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