La délicate question de la réparation des harkis et de leurs enfants

Il y a un an, Emmanuel Macron demandait pardon à ces supplétifs engagés au côté de l’armée française pendant la guerre d’Algérie. Depuis, une loi prévoit des indemnisations : sur les 21 273 dossiers déposés, 2 577 ont été, pour le moment, approuvés.

Sur ces bureaux administratifs, reposent des tas de piles de dossiers. A l’intérieur de ces documents, s’entassent des années de souffrance, des décennies de mépris et d’innombrables vies qui, pour la France, ont à peine compté. Ces destins brisés sont ceux des harkis, ces combattants engagés dans l’armée française, délaissés avec leurs familles par l’Etat au lendemain de la fin de la guerre d’Algérie (1954-1962), et qui ont été, si longuement, enfermés de manière indigne dans des camps, des prisons ou des hameaux de forestage à leur arrivée dans l’Hexagone. Depuis fin mars, 21 273 harkis – ou leurs familles – ont déposé un dossier d’indemnisation, qui sera étudié par le département reconnaissance et réparation de l’Office national des anciens combattants et victimes de guerre (ONACVG), un service décentralisé à Caen (Calvados).

En effet, depuis six mois, les supplétifs et leurs descendants peuvent prétendre à une réparation – dans un cadre très restreint – qui a été souhaitée par Emmanuel Macron. Il y a un an, le 20 septembre 2021, à l’Elysée, le président de la République leur a demandé pardon après avoir reconnu « un abandon de la République française » et a alors promis une loi de reconnaissance et de réparation, qui a été promulguée en début d’année, le 23 février.

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