Camus et le FLN », une fresque signée Tarik Djerroud

Après Alain Vircondelet – Albert Camus et la guerre d’Algérie aux éditions du Rocher –, après Georges Marc Benamou – Guerre d’Algérie, pour saluer Albert Camus, dans la collection « Placards et libelles » aux éditions du Cerf –, on pouvait se demander quel était le point de vue d’un auteur algérien sur la position d’Albert Camus pendant la guerre d’Algérie. C’est dire l’intérêt de l’ouvrage de Tarik Djerroud, romancier, éditeur et auteur passionné par l’histoire de son pays.

Son récit, d’une façon synthétique, mais très complète, nous dresse une fresque de la guerre d’Algérie en y incluant Albert Camus. Au fil du récit, il nous décrit l’itinéraire de ce dernier. Issu d’un milieu pauvre, Camus est sensible à la misère sociale, en particulier celle des Algériens. Membre du parti communiste dont il se sépare rapidement, il apparaît très tôt comme n’étant pas indépendantiste. Il pense que l’on peut contrer le nationalisme en amenant une amélioration de la condition des Algériens. Il est favorable au projet Blum-Violette qui prévoyait des mesures allant dans ce sens, mais qui fut torpillé par les gros colons d’Algérie.
Camus constate la réalité du sort des indigènes lors de son voyage en Kabylie, dont il rapporte des articles pour essayer – sans succès – d’alerter les autorités françaises sur cette injustice. Il se pose des questions quant à la justification de la conquête, mais il considère que celle-ci étant à jamais acquise, la présence de la France est irréversible, à charge pour elle de mieux traiter les Algériens.

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