Comprendre la guerre d’Algérie avec les Passeurs de mémoire

De 1954 à 1962, la guerre d’Algérie a fait rage. À la veille du 60 anniversaire de la fin de cette guerre d’indépendance et alors que l’ambassadeur algérien est revenu à Paris prendre ses fonctions le 6 janvier 2022 après une crise diplomatique, la médiathèque de l’espace Lochon de Verrières expose, jusqu’au 29 janvier, les vingt-trois panneaux de La Guerre d’Algérie – Histoire commune et mémoires partagées.
Des documents d’époque, photos, magazines, ouvrages historiques retracent l’histoire en textes et en images et informent tous les publics, en particulier les jeunes descendants de victimes, de harkis, de colons et de militants pour l’indépendance algérienne.

L’exposition relate aussi la première guerre de colonisation, longue et violente qui commence en 1830 et donne lieu à une lutte sans merci entre Abd-el-Kader et le maréchal Thomas Bugeaud, jusqu’à la reddition du dernier émir en 1848. L’enjeu majeur est la possession de terres et les premiers colons sont surtout des agriculteurs. Puis, l’accès au Sahara devient un atout stratégique en raison des gisements de gaz et de pétrole.
Sous la III République (1870-1940), les demandes d’égalité ne sont pas entendues et ces revendications légitimes entraînent l’émergence du nationalisme algérien qui abouti, après huit ans de guerre, à l’indépendance de l’Algérie.
Fin décembre 2021, avec 15 ans d’avance sur les 75 ans prévus, la France a ouvert ses archives relatives aux affaires judiciaires et aux enquêtes de police dans l’Algérie en guerre contre la colonisation. Cette décision symbolique s’inscrit dans la politique de réconciliation indispensable et permettra d’éclairer des zones d’ombre sur des séquences importantes, comme la bataille d’Alger, qui se sont déroulées entre l’appel à la lutte armée pour l’indépendance du Front de libération national (FLN) en 1954 et la proclamation du cessez-le-feu à la suite des accords d’Évian (1962).
Cette exposition détaillée, réalisée par l’Office national des anciens combattants et victimes de guerre, est présentée en partenariat avec l’association des Passeurs de mémoire de Lussac-les-Châteaux. Son président, Jean-Claude Corneille, professeur d’histoire-géographie à la retraite, viendra le 13 janvier expliquer ces événements tragiques à la classe de CM2 de l’école de Verrières.

À la médiathèque de l’espace Lochon à Verrières, jusqu’au 29 janvier 2022.
Contact : tél. 05.49.39.69.41; mediatheque.verrieres@
wanadoo.fr

Harkis: les observations de la France rendues à la Cour européenne des droits de l’homme

C’est ce 12 janvier que la France doit transmettre ses observations à la Cour européenne des droits de l’homme dans le cadre de trois requêtes déposées par des enfants de harkis, ces supplétifs qui ont combattu auprès de l’armée française pendant la guerre d’Algérie. Il s’agit d’une longue procédure qui fait suite à des demandes devant la justice française, dont la première remonte à 2011 et qui n’avaient pas abouti.

Plusieurs descendants de harkis accusent l’État français de ne pas avoir respecté leurs droits humains. Il s’agit notamment d’un frère et d’une sœur, âgés d’une cinquantaine d’années. Ils ont vécu de leur naissance à leur adolescence derrière les barbelés du camp de Bias, dans le Lot-et-Garonne. Un traitement qu’ils qualifient de dégradant et inhumain.

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Exposition mémorielle sur la guerre d’Algérie

Une exposition mémorielle sur la guerre d’Algérie à Verrières marque le début du 60e anniversaire de la fin de cette guerre.

De 1954 à 1962, la guerre d’Algérie a fait rage. À la veille du 60e anniversaire de la fin de cette guerre d’indépendance et alors que l’ambassadeur algérien est revenu à Paris prendre ses fonctions le 6 janvier 2022 après une crise diplomatique, la médiathèque de l’espace Lochon de Verrières expose, jusqu’au 29 janvier, les vingt-trois panneaux de La Guerre d’Algérie – Histoire commune et mémoires partagées.

Des documents d’époque, photos, magazines, ouvrages historiques retracent l’histoire en textes et en images et informent tous les publics, en particulier les jeunes descendants de victimes, de harkis, de colons et de militants pour l’indépendance algérienne.
Retour sur la guerre de colonisation L’exposition relate aussi la première guerre de colonisation, longue et violente qui commence en 1830 et donne lieu à une lutte sans merci entre Abd-el-Kader et le maréchal Thomas Bugeaud, jusqu’à la reddition du dernier émir en 1848.

L’enjeu majeur est la possession de terres et les premiers colons sont surtout des agriculteurs. Puis, l’accès au Sahara devient un atout stratégique en raison des gisements de gaz et de pétrole.

Sous la IIIe République (1870-1940), les demandes d’égalité ne sont pas entendues et ces revendications légitimes entraînent l’émergence du nationalisme algérien qui abouti, après huit ans de guerre, à l’indépendance de l’Algérie.

Les faits d’histoire retracés dans une exposition

Fin décembre 2021, avec 15 ans d’avance sur les 75 ans prévus, la France a ouvert ses archives relatives aux affaires judiciaires et aux enquêtes de police dans l’Algérie en guerre contre la colonisation.

Cette décision symbolique s’inscrit dans la politique de réconciliation indispensable et permettra d’éclairer des zones d’ombre sur des séquences importantes, comme la bataille d’Alger, qui se sont déroulées entre l’appel à la lutte armée pour l’indépendance du Front de libération national (FLN) en 1954 et la proclamation du cessez-le-feu à la suite des accords d’Évian (1962).

Cette exposition détaillée, réalisée par l’Office national des anciens combattants et victimes de guerre, est présentée en partenariat avec l’association des Passeurs de mémoire de Lussac-les-Châteaux.

Son président, Jean-Claude Corneille, professeur d’histoire-géographie à la retraite, viendra le 13 janvier expliquer ces événements tragiques à la classe de CM2 de l’école de Verrières.

À la médiathèque de l’espace Lochon à Verrières, jusqu’au 29 janvier 2022.
Contact : tél. 05.49.39.69.41 ; mediatheque.verrieres@ wanadoo.fr

Equilibrisme – Guerre d’Algérie: Emmanuel Macron marche sur les braises de la mémoire

A trois mois de la présidentielle et à l’approche du 60e anniversaire des accords d’Evian, l’exécutif cherche à s’adresser aux rapatriés d’Algérie, sans froisser d’autres descendants de participants au conflit. Un équilibre difficile à trouver, symbole du chemin sinueux de la réconciliation

«Ce dossier mémoriel est une affaire de chapelles.» De l’avis d’un conseiller ministériel, le chantier des mémoires de la guerre d’Algérie ouvert par le chef de l’Etat n’a pas fini d’attiser les «conflits.» Alors que l’année présidentielle qui s’ouvre marque le 60e anniversaire de la fin de la guerre, l’exécutif planche sur les commémorations à venir. Et cherche, dans un souci d’apaisement, à adopter à la fois le bon ton mais également à trouver un calendrier idoine. Un exercice de funambule.

Début décembre, l’Elysée avait fait savoir dans un communiqué que le chef de l’Etat s’adresserait, «dans les premiers jours» de 2022, «aux personnes qui ont dû abandonner un pays où ils étaient nés, qu’ils aimaient» – l’Algérie. Des associations de rapatriés devaient ainsi être reçues à l’Elysée. Annoncée dans la presse pour jeudi dernier, la rencontre n’a pas eu lieu. «Il n’y a jamais eu de date officielle, glisse…

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Gennevilliers rend hommage à Saâd Abssi, ancien cadre du FLN devenu militant associatif

Une cérémonie en mémoire de ce militant politique et associatif décédé en décembre, est organisée à 15 heures dans la salle des fêtes.

Le 7 janvier 2022 à 17h40

Un mois après son décès, le 9 décembre, Gennevilliers va saluer Saâd Abssi ce samedi après-midi. « Il était un militant politique et associatif, une véritable figure de la ville » n résume Patrice Leclerc, le maire PCF de la ville.

Saâd Abssi a été un des cadres du FLN pendant la guerre d’Algérie mais aussi un Gennevillois très actif dans le milieu associatif. « Il a connu la clandestinité pendant le conflit et a été hébergé et protégé à Gennevilliers. C’est à, qu’il est revenu s’installer en 1965 », rappelle un proche. A l’époque, à 39 ans, il refuse le coup d’État de Boumediene et revient en France. « Depuis l’indépendance, il était président de l’amicale des Algériens en Europe et cherchait une implantation dans la région. Il gardait un attachement pour Gennevilliers et n’avait pas oublié l’aide reçue ici quelques années plus tôt. En plus, c’était une ville populaire avec une forte présence immigrée. C’est donc logiquement qu’il s’y est posé », se souvient Djamel, son fils.

« Il a consacré 60 ans de sa vie à Gennevilliers »

A Gennevilliers, les responsables politiques et associatifs parlent de lui comme d’un homme « de solidarité et de dialogue ». « C’est le fil conducteur de son implication ici », résume son fils.

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Si l’histoire des intellectuels français face à la guerre d’Algérie a fait l’objet de plusieurs colloques, expositions et livres, la question de leur opposition à la colonisation française en Algérie et à la guerre d’indépendance est moins étudiée. C’est la raison pour laquelle Benjamin Stora, dans le rapport qu’il a remis au Président de la République en janvier 2021, a préconisé l’organisation d’un colloque international sur ce sujet.

Adoptant un périmètre temporel et géographique large, ce colloque replace la guerre d’Algérie dans le temps long, depuis les débuts de la conquête, mais aussi sur le plan international, en présentant des figures venant du Maghreb ou d’Europe. Plutôt que de présenter de manière exhaustive l’ensemble des intellectuels qui se sont opposés à la colonisation et à la guerre d’Algérie, il s’agit de souligner la diversité des prises de positions, sans oublier des parcours iconoclastes et les démarches qui ont visé à sortir des oppositions bloc à bloc.

La notion d’intellectuel sera entendue de manière extensive, renvoyant non seulement à des penseurs, des écrivains, mais aussi à des artistes, des journalistes, des magistrats, des avocats, et des membres de la société civile (médecins, syndicalistes, hommes d’église, etc.).

La colonisation et la guerre ont influencé de façon durable les sociétés algérienne et française et marqué plusieurs générations, d’où l’intérêt de revenir sur des figures emblématiques.

Le colloque s’attachera à présenter une synthèse de l’historiographie. Il sera aussi diffusé en direct (sur les réseaux sociaux de l’IMA et la chaîne Youtube de la BnF) et en différé sur les sites Imarabe.org et bnf.fr. Il pourra donner lieu à publication.

Colloque international à l’IMA et à la BnF les 20, 21 et 22 janvier 2022

Le programme : https://www.bnf.fr/fr/agenda/colonisation-et-guerre-dalgerie-oppositions-intellectuelles-deuxieme-journee

« Algérie 1962 », de Malika Rahal : le temps de l’effervescence

Critique : Algérie 1962. Une histoire populaire de Malika Rahal – La Découverte, 424 p., 25 €

Dans une enquête historique, Malika Rahal restitue la dimension révolutionnaire de l’année de l’indépendance algérienne. Fin d’un monde pour la population coloniale, cette période ouvre l’espace des possibles pour les anciens colonisés.

Algérie 1962. Le mot « révolution » résume le mieux cette année charnière, marquée par les accords d’Évian, le référendum d’autodétermination, la proclamation de l’indépendance, les élections à l’Assemblée nationale algérienne et la mise en place du premier gouvernement d’Ahmed Ben Bella.

« Le renversement de l’ordre ancien dépasse la seule souveraineté étatique pour bouleverser en…

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Guerre d’Algérie : «J’ai découvert grâce à l’école que mon grand-père était harki»

Yanis, Marine et Sarah ont découvert l’histoire de leurs aïeux avec leurs cours de lycée sur la guerre d’Algérie. Un sujet souvent tabou dans les familles et que l’école peine à faire émerger.

Yanis a appris que son grand-père était harki en classe de première. (Edouard Caupeil/Libération)
par Nina Jackowskipublié le 9 janvier 2022 à 19h04

«Madame, les harkis, ce sont des vendus ?» Il peut être difficile d’être descendant de ces ex-supplétifs algériens enrôlés dans l’armée française pendant la guerre (1954-1962). Elève en classe de terminale professionnelle au lycée Maurice-Genevoix de Marignane, près de Marseille, Salim, 16 ans, n’en démord pas : «Moi, mon grand-père, il était du côté du FLN [Front de libération nationale, ndlr]. Et il m’a dit que les harkis, c’est des traîtres.» Seul Enzo, survêt bleu électrique, baskets acier, ose le contredire. «Ton grand-père, il aurait pu être du côté des harkis, tu sais pas frérot !» Valérie Durey, leur professeure d’histoire-géo, vingt-cinq ans devant le tableau, confirme que ce chapitre sur le conflit est toujours «difficile à aborder».

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Guerre d’Algérie : « La question » d’Henri Alleg reposée sur les planches

Par Mabrouck Rachedi
Mis à jour le 16 décembre 2021 à 10:11
Stanislas Nordey sur la scène du Théâtre des quartiers d’Ivry © Jean-Louis Fernandez
Dans une pièce de théâtre mise en scène par Laurent Meininger, Stanislas Nordey redonne vie aux écrits du journaliste Henri Alleg. Une ode à la résistance et une dénonciation du recours à la torture.

« C’est aux « disparus » et à ceux qui, sûrs de leur cause, attendent sans frayeur la mort, à tous ceux qui ont connu les bourreaux et ne les ont pas craints, à tous ceux qui, face à la haine et la torture, répondent par la certitude de la paix prochaine et de l’amitié entre nos deux peuples [algérien et français] qu’il faut que l’on pense en lisant mon récit, car il pourrait être celui de chacun d’eux. » Ainsi se termine le premier chapitre de La Question, d’Henri Alleg. Ainsi résonne sa voix, portée par Stanislas Nordey, sur la scène du Théâtre des quartiers d’Ivry, près de Paris.

Maison des horreurs
La sobriété dans le récit des tortures subies par Alleg pendant un mois dans un immeuble désaffecté d’El-Biar, dans la banlieue d’Alger, on la retrouve dans le jeu du comédien et la mise en scène de Laurent Meininger. Elle fait entendre ce que l’écrivain François Mauriac avait appelé « le ton neutre de l’Histoire. » Pas besoin de mille effets pour vivre l’horreur des sévices : les coups, la gégène, les brûlures, le penthotal ou sérum de vérité, les menaces contre sa famille… Le supplicié décrit avec une précision clinique l’enchaînement des événements depuis son arrestation le 12 juin 1957 chez son ami et camarade du parti communiste Maurice Audin, qui ne reviendra jamais de cette maison des horreurs. On découvre la guerre telle qu’elle est.

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Guerre d’Algérie : l’exécutif veut réconcilier les mémoires lors d’une commémoration pour les 60 ans de la fin du conflit

Emmanuel Macron travaille à une commémoration qui aura lieu en dehors des cérémonies du 19 mars, date du cessez-le-feu et des accords d’Evian de 1962.

Emmanuel Macron veut poursuivre « jusqu’au dernier quart d’heure » son travail pour la réconciliation des mémoires de la guerre d’Algérie. L’exécutif travaille ainsi à une commémoration pour les rassembler à l’occasion du 60e anniversaire de la fin du conflit en 2022. Cette commémoration aura lieu en dehors des cérémonies du 19 mars, date du cessez-le-feu et des accords d’Evian en 1962. Car si pour les appelés, le 19 mars correspond à la « quille », pour les militaires de carrière il s’agit d’une défaite et pour les harkis c’est la date à laquelle la France les a abandonnés. « Des mémoires communautarisées qui souvent s’opposent », relève l’historien Benjamin Stora.

Geneviève Darrieussecq, la ministre chargée de la Mémoire et des Anciens combattants, pilote le dossier. « Il faut construire un temps mémoriel qui ait du sens pour tous », explique-t-elle. Elle souhaite « trouver une date neutre » autour de laquelle « unir toutes les mémoires de ce conflit douloureux ». Elle a commencé à réunir les associations du monde combattant pour plancher sur un rendez vous commun. Les Invalides sont cités comme lieu probable pour cette commémoration.

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