Hocine Aït Ahmed : « Je suis l’un des premiers maquisards de l’Algérie »

Quel devenir pour les archives d’Aix-en-Provence?

L’avenir des archives de la guerre d’Algérie, conservées à Aix-en-Provence, reste inconnu. C’est le premier service d’Archives nationales décentralisé en France, il a pour objectif de conserver l’ensemble des documents portant sur les anciennes colonies françaises. Gardées depuis 1966 dans le premier bâtiment des Archives nationales d’Outre-Mer inauguré à Aix-en-Provence, ces archives font-elles partie de celles réclamées par l’Algérie?
Si l’Algérie réclame la totalité de ses archives, côté français, les historiens sont plus que circonspects sur cet hypothétique retour des archives.
Il y a toujours un vide juridique autour de la «propriété» de ces documents.

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Bonnes nouvelles de Mouloud Feraoun

Éditions El Kalima. Collection «Petits Inédits Maghrébins»

Les éditions El Kalima se signalent en cette fin d’année 2020 par la publication de deux nouveaux Petits Inédits Maghrébins, n° 11 et 12 d’une série qui commence à se transformer en une belle collection qui fera date.

Le n° 12, L’Homme peint de Robert Namia, ancien journaliste à Alger Républicain, présente un dramatique face-à-face entre un maquisard et le para qui vient de l’arrêter et l’amène… vers où ? Le n° 11, Les Tueurs et autres inédits regroupe des textes retrouvés de Mouloud Feraoun, ainsi que la dernière page de son célèbre Journal, restée inédite.

Des nouvelles, un conte, des poèmes et dédicaces sont ainsi offerts à la lecture après une présentation de Safa Ouled Haddar (maître de conférences de littérature francophone à l’université de Blida 2), qui en fait une brève analyse en les situant dans la vie et l’œuvre de Feraoun.

Dans sa présentation, elle nous donne un aperçu sur la vie de l’auteur, son engagement dans le milieu éducatif et «son militantisme contre le colonisateur qui consistait à former une jeunesse capable d’assurer un meilleur avenir pour son pays grâce au savoir acquis sur les bancs d’école». Elle y souligne aussi l’amour de l’écrivain pour sa Kabylie natale et «le devoir qu’il ressent à la faire découvrir».

D’une grande «valeur Documentaire»

Les nouvelles : Ma Kabylie publiée dans un journal tunisien en 1956, Les Beaux jours, publiée dans la revue Terrasses en 1953 et Jours de rentrée publiée dans Le Journal des Instituteurs de l’Afrique du Nord en 1955, témoignent de l’amour et de la nostalgie de Mouloud Feraoun pour les siens et pour «la terre qui l’a vu naître». Son témoignage pendant la guerre d’Algérie est d’une grande «valeur documentaire», précise l’universitaire.

Dans «À Alger… c’est la terreur», dernière page non publiée de son Journal, l’écrivain nous livre un ardent témoignage sur le quotidien algérois où la mort est banalisée, en décrivant deux cadavres dans la rue, le premier d’un «indigène» et l’autre d’un «Européen égaré»… tous les deux victimes du «système colonial que l’auteur du Fils du pauvre a toujours critiqué et maudit».

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« De Gaulle peut être un personnage de passage entre la France et l’Algérie »

L’historien Benjamin Stora, chargé par Emmanuel Macron de rendre un rapport, attendu pour janvier, sur la réconciliation mémorielle entre la France et l’Algérie, revient sur l’absence de volonté de De Gaulle d’examiner le passé douloureux de la colonisation et de la guerre après 1962.

Propos recueillis par

Publié le 08 janvier 2021 à 08h27

Temps de Lecture 2 min.

Benjamin Stora, auteur d’Une mémoire algérienne (Robert Laffont, collection « Bouquins », 2020), explique que le manque d’égards du Général pour les trois groupes de mémoire touchés par l’issue de la guerre – pieds-noirs, harkis et officiers – a été ressenti comme une blessure qui est restée.

Quel rôle de Gaulle a-t-il joué dans la construction de la mémoire de la guerre d’Algérie ?

S’il fut le décideur principal du passage à l’indépendance de l’Algérie, il n’y a pas eu, après 1962, de volonté de sa part de s’attarder sur ce passé récent, ni de prêter une attention particulière aux trois groupes de mémoire touchés par l’issue de cette guerre : les pieds-noirs, dont il pensait qu’une partie d’entre eux resteraient en Algérie – il a été démenti sur ce point ; les harkis, dont il ne souhaitait pas le rapatriement ; et les appelés du contingent, soit 1,5 million de soldats. Ses deux principaux objectifs étaient de garder des liens (essentiellement économiques) avec l’Algérie indépendante et d’éviter les affrontements entre Français – alors que la France avait connu une guerre civile entre 1960 et 1962 avec les attentats de l’OAS, le putsch des généraux –, d’où trois lois d’amnistie votées en 1962, 1964 et 1968.

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35 personnes réunies à Alençon pour rendre hommage à Alfred Locussol, première victime de l’OAS en France métropolitaine

Lundi 4 janvier 2021, 35 personnes se sont rassemblées place de la Résistance à Alençon, pour rendre hommage à Alfred Locussol, assassiné par l’OAS en 1962.

35 personnes étaient présentes pour célébrer la mémoire d’Alfred Locussol, lundi 4 janvier 2021, sur la place de la Résistance. Cet ancien fonctionnaire de l’administration des finances a été assassiné à Alençon, le 3 janvier 1962. L’attentat a été commandité par l’Organisation de l’armée secrète (OAS). Alfred Locussol est la première victime de l’organisation politico-militaire d’extrême droite, en France métropolitaine.

Préserver la mémoire

Une minute de silence ainsi que deux discours ont été lus. Pierre Frénée, ancien militant communiste a ouvert le bal. Il a rappelé l’importance du devoir de mémoire. « Les célébrations sont importantes car elles préservent les mémoires, non seulement contre l’oubli, mais aussi contre les mensonges et les haines […] Honorer la mémoire d’Alfred Locussol aujourd’hui, c’est prendre la relève de ses combats pour l’égalité sociale, le droit, la dignité, les libertés, la justice, la fraternité. »

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Qui héritera des archives coloniales de l’Algérie ?

Les archives de l’Algérie coloniale, conservées à Aix-en-Provence font l’objet de demandes répétées de rétrocession, un débat très « politique ».

Durant le processus d’indépendance de l’Algérie débuté avec le référendum de 1961, puis les Accords d’Évian, le gouvernement français a rapatrié des centaines de tonnes d’archives, dites « de souveraineté », provenant du gouvernement général d’Algérie, des préfectures et des sous-préfectures, des rapports administratifs, de police, des notes de renseignement, etc. Tandis que les archives dites « de gestion », sont laissées en Algérie au bénéfice du nouvel État Algérien. Quatre ans plus tard, en 1966, le premier bâtiment des archives nationales d’Outre-Mer est inauguré à Aix-en-Provence. C’est le premier service d’archives nationales décentralisé en France, il a pour objectif de conserver l’ensemble des documents portant sur les anciennes colonies françaises.

Une mission diplomatique

Cet été, Emmanuel Macron a confié à l’historien Benjamin Stora, spécialiste de l’histoire de l’Algérie une mission sur« la mémoire de la colonisation et de la guerre d’Algérie » pour « favoriser la réconciliation entre les peuples français et algériens ». Une mission destinée à « dresser un état des lieux juste et précis du chemin accompli en France ». Le rapport devait être remis à la fin de l’année 2020, puis en janvier, mais aucune date n’est encore fixée.

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Publié le 19 décembre 2020 à 20h57 Le rapport Stora sur la mémoire France-Algérie sera « prêt en janvier »

Emmanuel Macron a informé, ce samedi, le président algérien que le rapport de l’historien Benjamin Stora sur la mémoire de la colonisation et de la guerre d’Algérie sera « prêt en janvier ».

L’historien Benjamin Stora (ici en 2013) a été chargé par Emmanuel Macron de « dresser un état des lieux juste et précis du chemin accompli en France sur la mémoire de la colonisation et de la guerre
L’historien Benjamin Stora (ici en 2013) a été chargé par Emmanuel Macron de « dresser un état des lieux juste et précis du chemin accompli en France sur la mémoire de la colonisation et de la guerre d’Algérie ». (Archives Mohamed Messara/EPA)

Le président français Emmanuel Macron, testé positif à la covid-19 jeudi, s’est entretenu au téléphone avec son homologue algérien, Abdelmadjid Tebboune, leur premier échange depuis que ce dernier a été hospitalisé après avoir contracté le virus en octobre, a indiqué la présidence française. Les deux dirigeants « ont pris des nouvelles de leur santé respective et se sont souhaité un prompt rétablissement mutuel », a ajouté l’Élysée.

« Lors de leur entretien, M. Macron a informé (…) le président Tebboune que le rapport sur le dossier de la Mémoire, confié à M. Benjamin Stora, sera fin prêt en janvier prochain », a affirmé la présidence algérienne dans un communiqué. Le rapport Stora doit être remis à l’Élysée autour de la mi-janvier, après avoir été annoncé initialement pour le mois de décembre. L’historien a été chargé par Emmanuel Macron de « dresser un état des lieux juste et précis du chemin accompli en France sur la mémoire de la colonisation et de la guerre d’Algérie ». Les présidents français et algérien ont désigné chacun un expert – Abdelmadjid Chikhi pour l’Algérie – afin de travailler sur ce dossier toujours brûlant, à l’approche du 60e anniversaire de l’indépendance de l’Algérie (1962), dans le but de « favoriser une réconciliation franco-algérienne ».

Macron accusé d’ingérence

M. Tebboune, 75 ans, est toujours en convalescence en Allemagne. Il était apparu dimanche dernier pour la première fois depuis son transfert médicalisé en Allemagne, le 28 octobre, dans un message vidéo. Visiblement amaigri, il a promis de rentrer en Algérie d’ici trois semaines au plus tard. Souffrant de fatigue, toux et courbatures, Emmanuel Macron s’est, lui, isolé à la résidence officielle de la Lanterne, à Versailles, près de Paris. Son état de santé est « stable » et les résultats de ses examens cliniques et paracliniques « se sont révélés rassurants », selon un communiqué samedi du docteur Jean-Christophe Perrochon, médecin chef de la présidence.

MM. Tebboune et Macron ont également évoqué au téléphone « la relation bilatérale ainsi que les problématiques régionales » et ont convenu de s’entretenir rapidement sur ces sujets. Emmanuel Macron a été récemment accusé d’« ingérence » après avoir salué, dans un entretien publié par l’hebdomadaire Jeune Afrique, le « courage » d’Abdelmadjid Tebboune et promis de « faire tout (son) possible pour l’aider » dans la « période de transition » que vit son pays.

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Jean-Louis Martinez, peintre et écrivain villeneuvois, concentre son écriture sur un sujet qui le touche de près : l’Algérie, son pays natal, et la guerre qui a jalonné son chemin vers l’indépendance, marquant à jamais les mémoires de chaque Pied-noir. Après Au cœur d’Alger, capitale de la France libre, paru en 2018 aux éditions Plume de soi et de nombreuses recherches, Jean-Louis Martinez a décidé de rendre hommage, avec Algérie 1962 – disparus et oubliés, à son jeune beau-frère, Georges Benavente, enlevé et disparu le 28 février 1957 avec son chef de district Robert Navarro, près de Tizi-Ouzou où ils effectuaient leur mission pour l’Ega, la compagnie électricité et gaz d’Algérie.

Un ouvrage à la mémoire des « disparus et oubliés »

« J’ai voulu sortir de l’oubli mon beau-frère et, avec lui, tous les disparus de cette époque dont on ne parle jamais », explique sobrement l’auteur. À travers son expérience et celle de la famille de son épouse Danielle, il livre dans cet ouvrage bouleversant et documenté, un témoignage indigné sur un des aspects des plus tragiques de cette guerre aux épisodes sanglants. Refusant l’injustice dont a été victime son jeune beau-frère auquel on a volé la vie, sa fiancée, sa famille et jusqu’à ses économies, Jean-Louis Martinez a mis toute son énergie pour lui redonner vie à travers son récit et même au-delà, le faire reconnaître en tant que « mort pour la France ».

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Laurent Mauvignier invité de Des Mots & Débats

our le 20e numéro de sa série de Fenêtres Ouvertes, entretiens virtuels proposés pendant les deux périodes de confinement, l’association Des Mots & Débats a le plaisir de recevoir ce vendredi 18 décembre l’écrivain Laurent Mauvignier.

Il est l’une des plus grandes voix de la littérature contemporaine. Il a notamment publié Des Hommes , sur les stigmates de la guerre d’Algérie, dont l’adaptation cinématographique signée par Lucas Belvaux et sélectionnée par le Festival de Cannes, avec notamment Jean-Pierre Daroussin, Catherine Frot ou Gérard Depardieu, devrait sortir en salles dès la réouverture des cinémas.

Il est également l’auteur de plusieurs romans régulièrement salués par la critique, soutenus par les libraires indépendants et prisés d’un lectorat fidèle, comme par exemple, Apprendre à finir (Prix du Livre Inter 2000), Dans la Foule (Prix Roman Fnac 2006), Autour du Monde ( Prix Amerigo-Vespucci 2014) ou Continuer.

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