Parution des actes de la guerre d’Algérie « Mémoire de la guerre d’Algérie en 2019 : la place des archives nationales et internationales »

À l’occasion de ses dix ans d’activité au service de la mémoire de la guerre d’Algérie, l’ESPACE PARISIEN HISTOIRE MÉMOIRE GUERRE D’ALGÉRIE (EPHMGA)  a organisé le  11  avril  2019 à l’auditorium de l’Hôtel de ville de Paris un colloque  consacré aux archives de la guerre d’Algérie.

Vous retrouverez dans cet ouvrage l’intégralité des interventions de nombreux historiens, de responsables du monde de l’enseignement, de l’Établissement
de Communication et de Production Audiovisuelle de la Défense (ECPAD),  de l’Institut National de l’Audiovisuel (INA), de l’Office National des Anciens Combattants et Victimes de Guerre (ONACVG), du Service Historique de la Défense (SHD), de La Contemporaine…

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RENCONTRE ET TÉMOIGNAGES À LA MAIRIE DU XIXe

À l’occasion du 65e anniversaire du début de la guerre d’Algérie, le Comité d’entente des anciens combattants, à l’initiative de son président Jean-Claude Tallarini   et l’Union Départementale de Paris (UDAC) présidée par Jean-Pierre Leclerc, ont organisés le 17 octobre 2019 à la Mairie du XIXe une « Rencontre -Témoignage ».
Cette demi-journée a reçu le concours de l’Office National des Anciens Combattants Victimes de Guerre (ONACVG), représenté par Hervé Serrurier, conseiller-mémoire et de l’Espace Parisien Histoire Mémoire Guerre d’Algérie (EPHMGA)- son président, Jean-Pierre Louvel (2), en assurant l’animation. Mme Teyssédre, chargée de mission auprés du Maire et l’équipe technique municipale ont accueilli dans la Salle des Fêtes prés de quatre vingts personnes de toutes générations.
En introduction, Tramor Quemeneur (4), historien chargé de cours à l’université Paris VIII, membre du conseil d’orientation du Musée National d’Histoire et d’Immigration (MNHI) rappela le long cheminement historique, politique, économique, culturel et sociétal qui conduisit l’Algérie à cette guerre.
La seconde partie permit à des acteurs de ces périodes d’évoquer leur propre histoire. Ainsi Roger Barbieux, officier appelé du contingent, président des ACPG-CATM de Paris, Maryse Prévost, née en Algérie et son mari Claude Prévost (3), président de l’ARAC-Paris et ancien appelé ont apporté leur témoignage sur leur vécu et les circontances qui les aménérent à vivre des épisodes tragiques.
La parole fut donnée à la salle ce qui permit un échange animé chargé parfois d’émotion selon les personnalités.En effet, l’assistance était très éclectique composées de responsables culturels du monde littéraire et théatral, de l’enseignement, d’étudiants de Sciences-Po dont le programme comporte cette page d’histoire, d’anciens combattants, de leurs veuves, de représentants associatifs issus des conflits antérieurs.
Parmi les personnalités participantes, la présence de M. Saïd Boudaoud, Ministre plénipotentiaire de l’ambassade d’Algérie à Paris fut particuliérement remarquée et appréciée.
Le reportage photographique a été assuré amicalement par Jean-Yves Jeudy membre du Comité d’entente.
La clôture de cette rencontre revint à M. Mahor Chiche, adjoint au maire, M. François Dagnaud, chargé de la mémoire et des relations avec le monde combattant. Il remercia l’assistance et les intervenants, rappelant l’intérêt d’organiser de tels événements qui contribuent à la transmission de la mémoire, un objectif concrétisé par cette journée et auquel la municipalité est très attachée.
Jean-Pierre LOUVEL

(Photos : Jean-Yves Jeudy)

 

 

Témoignage devant les élèves de M. Jean-Pierre Louvel, président de l’EPHMGA

Depuis 2017, l’ONACVG a lancé le programme Histoire et mémoires de la guerre d’Algérie. Dans ce cadre-là, l’Office organise des séances de témoignages d’anciens acteurs et témoins de ce conflit en classe, partout sur le territoire.

Contact : contact.hmga@onacvg.fr

Disparition de Roger Fichtenberg, président d’honneur de notre association

DÉCÈS DE ROGER FICHTENBERG – L’HOMMAGE DU 11e ARRONDISSEMENT

C’est avec profonde émotion et une immense tristesse que nous avons appris le décès de Roger FICHTENBERG, figure de la Résistance, survenu le 22
septembre 2019, à l’âge de 97 ans.
C’est une figure incontournable et attachante du 11e arrondissement qui disparaît.
Né le 20 octobre 1921, Roger FICHTENBERG était un enfant du 11e arrondissement ; il y passa toute sa jeunesse et la majeure partie de sa scolarité.
L’invasion allemande, commencée en mai 1940, marqua pour lui la fin de l’insouciance.
Elle poussa les FICHTENBERG à prendre le chemin de l’exode. Ils trouvèrent refuge à Lapalisse, près de Vichy. Un an plus tard, en mai 1941, Roger rejoignit les EIF – les
Éclaireurs Israélites de France.
En août 1942, à la suite des premières grandes rafles de la zone libre, il fonda avec plusieurs de ses camarades la « Sixième », la branche clandestine des EIF. Roger
FICHTENBERG entra alors en clandestinité, sous le nom de Jaguar : son totem chez les scouts.
Envoyé à Moissac, il multiplia les opérations de sauvetage pour sauver tous ceux qui avaient à craindre une arrestation. Il cacha de nombreux jeunes et leur fabriqua de faux papiers, avant de les convoyer vers la Suisse ou l’Espagne. Il fut, notamment, chargé en décembre 1943 de disperser les soixante-trois jeunes de la maison des EIF à La Grave.
En mars 1944, il s’engagea dans l’Armée Secrète ; en mai, il fut affecté à l’État-major des FFI – les Forces Françaises de l’Intérieur – du Lot-et-Garonne. Et c’est en qualité de Sous-lieutenant que Roger participa à la libération d’Agen. Le 19 août 1944, il y occupa la préfecture. Nommé adjoint au Commandant de la Prévôté militaire du Lot-et-Garonne, il prit les premières mesures de maintien de l’ordre et de rétablissement des libertés républicaines.
Une fois démobilisé, Roger travailla, six mois, au Ministère des Prisonniers, Déportés et
Réfugiés, avant de rejoindre le COJASOR – le Comité Juif d’Action Sociale et de
Reconstruction. Pendant plus de cinq ans, il mettra toutes ses compétences et son énergie pour venir en aide aux rescapés des camps de la mort.
Son engagement au service des autres le conduisit logiquement à la politique. Il adhéra, en 1954, au Parti Radical Socialiste, puis, en 1973, au MRG – le Mouvement des Radicaux de Gauche. Au sein de ce mouvement, il deviendra membre du Comité Directeur et du Bureau National. Là, il y côtoya, notamment, Pierre Mendes-France, Gaston Monnerville ou encore Michel Crépeau.
Son engagement politique le conduira à exercer des fonctions électives. Il fût élu, de 1983 à 1995, Conseiller du 11e arrondissement, mais aussi Conseiller Régional d’Île-de-
France, de 1986 à 1992, puis de 1997 à 1998.
En parallèle de ces fonctions, Roger FICHTENBERG était également très attaché à la transmission de la mémoire, et c’est à cette mission qu’il s’est attaché durant la dernière
partie de sa vie. Il présida en ce sens, et ce depuis 1978, l’UACVG du XIe – l’Union des Associations d’Anciens Combattants et Victimes de Guerre – et fut membre du Conseil Départemental de l’ONAC – l’Office National des Anciens Combattants et Victimes de Guerre. En cette qualité, il organisa, toujours avec soin, et présida sans jamais faillir, les cérémonies mémorielles du 11e arrondissement, et ce jusqu’à il y encore quelques mois. En militant de la mémoire, il s’est également investi auprès des plus jeunes pour la transmission de la mémoire de la Shoah et de la Résistance et intervenait ainsi régulièrement, avec enthousiasme, dans les écoles et lycées du 11e arrondissement, marquant par ses récits et sa personnalité hors du commun de nombreux élèves. Il laisse un livre, Journal d’un résistant juif dans le sud-ouest, et de nombreux témoignages
filmés de son histoire. Titulaire de la Croix du Combattant Volontaire et de la Croix du Combattant Volontaire de la Résistance, son engagement lui valut d’être également élevé au rang de Chevalier des Palmes Académiques et d’Officier de la Légion d’Honneur. Il a été également décoré de la médaille de Grand Vermeil de la Ville de Paris. François Vauglin, Maire du 11e arrondissement, et l’ensemble des élus du conseil d’arrondissement, adressent leurs sincères condoléances à sa famille et ses proches.

Afin de saluer sa mémoire et comme il l’avait souhaité avant de partir, une cérémonie sera organisée le mercredi 25 septembre à 14h devant le monument aux morts de la mairie du 11e arrondissement. Elle sera suivie de son inhumation au cimetière de Bagneux à 16h.

Disparition de Daniel Videlier

Notre ami Daniel Videlier s’est éteint le vendredi 21 juin 2019.
Un hommage lui a été rendu le 1er juillet au cimetière du Père Lachaise.
L’EPHMGA adresse à sa famille et à ses proches ses plus sincères condoléances.

Daniel Videlier lors de l’enregistrement de son témoignage pour l’EPHMGA
Daniel Videlier témoignant devant les élèves, au Forum des Images.

Vous pouvez retrouver son témoignage en cliquant ici.

Retour sur le colloque EPHMGA : Mémoire de la Guerre d’Algérie en 2019 : La place des archives nationales et internationales

Par Jean-Pierre LOUVEL,
Président de l’Espace Parisien Histoire Mémoire Guerre d’Algérie

Photo : SNAPP

L’Espace Parisien Histoire Mémoire Guerre d’Algérie œuvre pour la transmission de la mémoire en s’adressant tout particulièrement à la jeunesse. Elle s’assure le concours de partenaires apportant de par leurs recherches et leurs travaux la crédibilité et la compétence indispensables à la compréhension de cet épisode tragique de l’histoire de la France. L’Ancien d’Algérie dans son numéro 562 de décembre 2017 se faisait l’écho des activités mémorielles entreprises en partenariat avec le monde éducatif, littéraire et culturel.

Après avoir mis l’accent sur la guerre d’Algérie par l’écrit, par l’image, par des témoignages lors de colloques, forums, expositions et enregistrements audiovisuels nous avons porté notre regard sur un sujet d’actualité à savoir celui des archives.

Ainsi le 11 avril l’auditorium de l’Hôtel de Ville de Paris accueillait l’Espace Parisien Histoire Mémoire Guerre d’Algérie (EPHMGA) pour son colloque : « Mémoire de la Guerre d’Algérie en 2019 : La place des archives nationales et internationales ». Cette journée fut également l’occasion de célébrer ses dix années d’existence illustrées par divers documents et projections audiovisuelles.

L’intérêt de ce colloque de par son titre et les personnalités intervenantes s’est concrétisé par une forte inscription des participants posant un problème compte-tenu de la capacité des locaux.Comme pour tout événement de ce genre la mise en place des listes d’attente, les habituelles défections permirent de pallier partiellement la déception inhérente à une telle situation.D’ailleurs un remerciement à toute l’équipe qui participa à l’organisation , à l’accueil, au déroulement et à la mise en scène de ce colloque .

Le trait marquant de cette journée est la diversité du public réflétant l’objectif que nous nous étions donnés : celui d’acteurs-passeurs de mémoire souhaitant créer ou renforcer le lien entre le monde de l’écriture, celui de l’enseignement – professeurs et élèves – et les représentants des principales institutions recueillant, restaurant et diffusant les documents inhérents à cette période difficile à appréhender. Dans l’assistance se côtoyaient les acteurs du passé et ceux qui prenant le relais ont pour vocation de l’étudier et de l’enseigner :historiens, chercheurs, archivistes, professeurs , personnalités représentant les associations d’anciens combattants , appelés, rappelés,soldats de métier, harkis, anciens membres de l’ALN et du FLN , journalistes en particulier de la presse algérienne et de radio Beur-FM , l’ANFANOMA, la MAFA, l’ANPROMEVO. A souligner la présence de 70 lycéens de la Maison d’Education de la Légion d’Honneur de St Denis (93) , de Diderot (Paris XIX e) et de Notre Dame à Verneuil (78) , d’élu(e)s , de responsables de la Fondation pour la Mémoire de la Guerre d’Algérie , de nos partenaires ONACVG, INA, ECPAD, SHD, La Contemporaine.

Revenons au programme

Le foyer de l’auditorium a permis d’accueillir les participants alliant convivialité et information l’ONACVG présentant une petite partie de son exposition «  La guerre d’Algérie , Histoire commune , mémoires partagées » et l’EPHMGA la rétrospective de ses dix années d’activités .

Madame Catherine Vieu-Charier Adjointe à la Maire de Paris chargée de la Mémoire et du Monde Combattant Correspondant Défense retenue en derniére minute adressa un message réaffirmant son soutien au travail de mémoire entrepris et exprimé en cette journée de dialogues et d’échanges.

Nous avons tenu à rendre hommage à celle et à ceux qui participèrent à la fondation et à la vie de l’association : Odette Christienne cofondatrice en 2004 alors adjointe au Maire de Paris en charge de la Mémoire , des Anciens Combattants et des Archives que salua madame Breyton proviseure du Lycée Henri IV porteuse d’un message de monsieur Corre, ancien proviseur, Jean-Pierre Farkas, grand reporter, journaliste , écrivain créateur de notre conseil scientifique, Jean Lanzi, journaliste , Daniel Lefeuvre et Gilbert Meynier, historiens qui participèrent à nos travaux.

La séquence introductive permit à Benjamin Stora, historien, professeur des universités, spécialiste du Maghreb contemporain de souligner le difficile travail des historiens face à la complexité de l’analyse et de l’interprétation des archives .

Nous avions articulé le colloque autour de trois tables rondes réunissant des spécialistes de l’écriture de la mémoire de la guerre d’Algérie, des responsables du monde éducatif appelés à utiliser ces outils pédagogiques que sont les archives et enfin les représentants des institutions officielles dont la finalité est de rassembler et de divulguer les traces écrites, orales et audiovisuelles du conflit.

La première table ronde regroupait Jean-Jacques Jordi, spécialiste de la colonisation et de ses acteurs, Marius Loris Doctorant à l’université Paris 1 Sorbonne, Guy Pervillé, rofesseur émerite d’histoire contemporaine à l’université de Toulouse, Tramor Quemeneur, chargé de cours à Paris 8, membre du Conseil d’orientation du musée national d’histoire et d’immigration avec pour modérateur Benjamin Stora.

A la méridienne, les participants furent conviés à se restaurer autour d’un buffet préparé et servi par la « brigade mixte  » efficace et chaleureuse de Roger Barbieux, président des ACPG-CATM de Paris, vice-président de l’association.

La seconde partie de la journée débuta par la table ronde traitant des archives en tant qu’outil pour l’enseignement.Elle a réuni Claude Bazuyau, ancien professeur d’Histoire au Lycée Buffon Paris XVe, Benamar Benzemra, conseiller Défense-Mémoire et Proviseur du Lycée Kandinsky (92), Claire Bonnin, professeure d’Histoire à la Maison d’Education de la Légion d’Honneur de Saint-Denis(93 ), Laurence Ruffault, professeure de Français au Lycée Diderot Paris XIXe, Abderahmen Moumen, chargé de mission à l’ONACVG, avec pour modérateurs Paul Max Morin Doctorant-Sciences PO Paris-CEVIPOF et Maxime Ruiz, chargé de mission à l’ONACVG.

La troisième table ronde traita des aspects spécifiques des archives , leur existence, leur contenu, leur volume et leur forme. Les détenteurs et exploitants de ces richesses mémorielles s’exprimèrent en professionnels :le Commandant Romain Choron et Frédéric Quéguineur de la Direction du Service Historique de la Défense, Jean-Paul Guéroult, documentaliste à l’INA, Emmanuel Thomassin, chef de département à l’ECPAD, Gérard Petitjean, archiviste à la Contemporaine et André Rakoto, directeur de l’ ONACVG de Paris, Hervé Serrurier, conseiller-mémoire du même Office national assurant la modération.

Durant cette journée la parole fut donnée à la salle et la nature des échanges chargés souvent d’émotion dans leur vivacité de leur expression démontra si besoin était que débattre, évoquer la guerre d’Algérie est toujours un sujet délicat tant les approches sont diverses.

Transmettre la mémoire aux jeunes générations est une quête de vérité qui se doit d’être crédible. Pour nous acteurs de cette « épopée » historique le cheminement ne peut s’accomplir sans l’implication de nos partenaires car ils sont les interlocuteurs incontournables encadrant notre démarche et le relais essentiel de notre mémoire auprès de la jeunesse.

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