Publié le 19 décembre 2020 à 20h57 Le rapport Stora sur la mémoire France-Algérie sera « prêt en janvier »

Emmanuel Macron a informé, ce samedi, le président algérien que le rapport de l’historien Benjamin Stora sur la mémoire de la colonisation et de la guerre d’Algérie sera « prêt en janvier ».

L’historien Benjamin Stora (ici en 2013) a été chargé par Emmanuel Macron de « dresser un état des lieux juste et précis du chemin accompli en France sur la mémoire de la colonisation et de la guerre
L’historien Benjamin Stora (ici en 2013) a été chargé par Emmanuel Macron de « dresser un état des lieux juste et précis du chemin accompli en France sur la mémoire de la colonisation et de la guerre d’Algérie ». (Archives Mohamed Messara/EPA)

Le président français Emmanuel Macron, testé positif à la covid-19 jeudi, s’est entretenu au téléphone avec son homologue algérien, Abdelmadjid Tebboune, leur premier échange depuis que ce dernier a été hospitalisé après avoir contracté le virus en octobre, a indiqué la présidence française. Les deux dirigeants « ont pris des nouvelles de leur santé respective et se sont souhaité un prompt rétablissement mutuel », a ajouté l’Élysée.

« Lors de leur entretien, M. Macron a informé (…) le président Tebboune que le rapport sur le dossier de la Mémoire, confié à M. Benjamin Stora, sera fin prêt en janvier prochain », a affirmé la présidence algérienne dans un communiqué. Le rapport Stora doit être remis à l’Élysée autour de la mi-janvier, après avoir été annoncé initialement pour le mois de décembre. L’historien a été chargé par Emmanuel Macron de « dresser un état des lieux juste et précis du chemin accompli en France sur la mémoire de la colonisation et de la guerre d’Algérie ». Les présidents français et algérien ont désigné chacun un expert – Abdelmadjid Chikhi pour l’Algérie – afin de travailler sur ce dossier toujours brûlant, à l’approche du 60e anniversaire de l’indépendance de l’Algérie (1962), dans le but de « favoriser une réconciliation franco-algérienne ».

Macron accusé d’ingérence

M. Tebboune, 75 ans, est toujours en convalescence en Allemagne. Il était apparu dimanche dernier pour la première fois depuis son transfert médicalisé en Allemagne, le 28 octobre, dans un message vidéo. Visiblement amaigri, il a promis de rentrer en Algérie d’ici trois semaines au plus tard. Souffrant de fatigue, toux et courbatures, Emmanuel Macron s’est, lui, isolé à la résidence officielle de la Lanterne, à Versailles, près de Paris. Son état de santé est « stable » et les résultats de ses examens cliniques et paracliniques « se sont révélés rassurants », selon un communiqué samedi du docteur Jean-Christophe Perrochon, médecin chef de la présidence.

MM. Tebboune et Macron ont également évoqué au téléphone « la relation bilatérale ainsi que les problématiques régionales » et ont convenu de s’entretenir rapidement sur ces sujets. Emmanuel Macron a été récemment accusé d’« ingérence » après avoir salué, dans un entretien publié par l’hebdomadaire Jeune Afrique, le « courage » d’Abdelmadjid Tebboune et promis de « faire tout (son) possible pour l’aider » dans la « période de transition » que vit son pays.

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Jean-Louis Martinez, peintre et écrivain villeneuvois, concentre son écriture sur un sujet qui le touche de près : l’Algérie, son pays natal, et la guerre qui a jalonné son chemin vers l’indépendance, marquant à jamais les mémoires de chaque Pied-noir. Après Au cœur d’Alger, capitale de la France libre, paru en 2018 aux éditions Plume de soi et de nombreuses recherches, Jean-Louis Martinez a décidé de rendre hommage, avec Algérie 1962 – disparus et oubliés, à son jeune beau-frère, Georges Benavente, enlevé et disparu le 28 février 1957 avec son chef de district Robert Navarro, près de Tizi-Ouzou où ils effectuaient leur mission pour l’Ega, la compagnie électricité et gaz d’Algérie.

Un ouvrage à la mémoire des « disparus et oubliés »

« J’ai voulu sortir de l’oubli mon beau-frère et, avec lui, tous les disparus de cette époque dont on ne parle jamais », explique sobrement l’auteur. À travers son expérience et celle de la famille de son épouse Danielle, il livre dans cet ouvrage bouleversant et documenté, un témoignage indigné sur un des aspects des plus tragiques de cette guerre aux épisodes sanglants. Refusant l’injustice dont a été victime son jeune beau-frère auquel on a volé la vie, sa fiancée, sa famille et jusqu’à ses économies, Jean-Louis Martinez a mis toute son énergie pour lui redonner vie à travers son récit et même au-delà, le faire reconnaître en tant que « mort pour la France ».

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Laurent Mauvignier invité de Des Mots & Débats

our le 20e numéro de sa série de Fenêtres Ouvertes, entretiens virtuels proposés pendant les deux périodes de confinement, l’association Des Mots & Débats a le plaisir de recevoir ce vendredi 18 décembre l’écrivain Laurent Mauvignier.

Il est l’une des plus grandes voix de la littérature contemporaine. Il a notamment publié Des Hommes , sur les stigmates de la guerre d’Algérie, dont l’adaptation cinématographique signée par Lucas Belvaux et sélectionnée par le Festival de Cannes, avec notamment Jean-Pierre Daroussin, Catherine Frot ou Gérard Depardieu, devrait sortir en salles dès la réouverture des cinémas.

Il est également l’auteur de plusieurs romans régulièrement salués par la critique, soutenus par les libraires indépendants et prisés d’un lectorat fidèle, comme par exemple, Apprendre à finir (Prix du Livre Inter 2000), Dans la Foule (Prix Roman Fnac 2006), Autour du Monde ( Prix Amerigo-Vespucci 2014) ou Continuer.

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Ils racontent leur guerre d’Algérie

Quatre-vingt-quinze Hillionnais ont combattu durant la guerre d’Algérie. Alain Lafrogne a recueilli vingt-neuf témoignages de ces appelés, récits parfois drôles, souvent terribles, toujours émouvants. « Ils expriment avec des mots de tous les jours leur parcours pendant cette période. Ils n’omettent rien des exactions commises par les deux camps. »

Le livre se décompose en deux parties : la première fait la chronologie de cette guerre, en s’appuyant sur la mémoire des narrateurs concernant ces événements, mettant en perspective le parcours des appelés hillionnais dans le déroulement de la guerre. La seconde délivre la totalité des témoignages recueillis.

Alain Lafrogne, ingénieur de formation, a œuvré de nombreuses années en Tunisie et en Algérie. Ancien maire adjoint de la commune, il est depuis 2014 le président d’Histoire de patrimoine d’Hillion.

Ce livre de 310 pages, abondamment illustré, sera remis gracieusement aux souscripteurs et également mis en vente aux personnes intéressées, lors de deux séances de dédicace.

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Carnets d’Algérie

Le Roudouallecois Pierre Le Bihan, ancien combattant d’Algérie, adhérent de la Fnaca, a dédicacé son livre Carnets d’Algérie, au Buro Butun, vendredi.

Cet ouvrage, écrit au début des années 1980 et édité 1998, retrace son parcours, depuis son départ de Roudouallec en janvier 1958, jusqu’à son retour en avril 1960, après trente mois passés à Oran et dans les régions de Tlemcen et d’Ain Sefra. C’est un témoignage précieux d’un appelé du contingent, confronté aux turbulences d’un pays inconnu plongé dans la guerre, où « il a laissé les plus belles années de sa jeunesse ».

Le livre vient d’être réédité à 50 exemplaires et l’auteur a décidé de faire don de la vente de 20 exemplaires à l’association Rien n’aRETT les rêves Julie, qui vient en aide à une jeune fille atteinte du syndrome de Rett. Julie est Langonnetaise et sa maman, Corinne Bruni, est bibliothécaire à Roudouallec.

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Quand l’armée française parachutait des Vespa équipées d’un canon

Déployées pendant la guerre d’Algérie, elles étaient capables de détruire des véhicules blindés.

«Une version moderne d’une mule, mais qui puisse être larguée depuis un avion.» Voilà en somme ce que l’armée française a cherché à faire dans les années 1950, en équipant des scooters d’un canon sans recul, pour les parachuter derrière les lignes ennemies.

Entre 1956 et 1959, les Ateliers de construction de motocycles et d’automobiles (ACMA), situés près de Dijon, ont fabriqué 600 exemplaires de Vespa 150 TAP (troupes aéroportées), des scooters sous licence de Vespa, mais modifiés afin de pouvoir y équiper un canon.

«Le scooter […] arborait un cadre renforcé et des rapports de transmission inférieurs à ceux des modèles standards. Il était hérissé de supports d’équipement pour transporter du matériel et arborait une peinture terne couleur olive ou sable, plutôt que des couleurs civiles flashy comme le Grigio Azzurro Metallizzato», raconte Popular Mechanics.

Un moteur à deux temps –où l’huile et le carburant sont mélangés– de 145,5 centimètres cubes à valve rotative équipait le bolide de 112 kilos, qui pouvait atteindre une vitesse (théorique) de 64 km/h. Le tout pour un coût de fabrication relativement faible: environ 413 euros (sans tenir compte de l’inflation bien sûr).

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Ils ne savaient pas que c’était une guerre ! (Algérie, 50 ans après…)

Entre 1954 et 1962, ils sont « appelés » au titre du service militaire obligatoire, pour intervenir dans un conflit qui porte, à cette période, le nom « d’événements d’Algérie». Formés aux techniques préparant à la guerre de 1939/45, par des cadres, qui pour la plupart reviennent d’Indochine, ils ne sont pas préparés militairement à ce conflit de guérillas, de ratissages et d’attentats. Une fois, sur place, ils vivent des situations très diverses. Certains sont chargés de taches logistiques ou administratives. D’autres, en revanche, « crapahutent » en pleine nature, vingt-huit ou trente-deux mois durant. Tous, à un moment ou à un autre, sont confrontés aux « horreurs de la guerre » : blessures ou décès de camarades, embuscades, devoir de tirer sur autrui pour se défendre, mais aussi… pour tuer, etc. Quelques-uns assistent même au pire : tortures, exécutions sommaires, voire assassinats dans le cadre des tristement célèbres « corvées de bois ».

Ils reviennent, marqués à vie par ce qu’ils ont vu et vécu, sans aucune attention spéciale des pouvoirs politiques de l’époque, qui ont longtemps nié le caractère guerrier de ce conflit. Depuis, beaucoup ont gardé le silence, même auprès de leurs proches. Ils parlent ici pour la première fois.

Retrouver les traces de la guerre d’Algérie dans les familles

Retrouver les traces de la guerre d’Algérie dans les familles : Raphaëlle Branche (Papa, qu’as-tu fait en Algérie ?)

Papa, qu’as-tu fait en Algérie ? : le titre de ce livre, fruit d’une enquête de cinq années à propos d’une guerre et de ses conséquences individuelles et familiales, ne peut qu’interpeller le lecteur. La démonstration est ferme, nuancée, précise. Pour celles et ceux auront le désir de s’engager dans ces 500 pages, d’autres livres peuvent être lus, sur le même sujet traité différemment. Aussi, je ponctuerai mon compte-rendu de couvertures de onze livres de fiction ou de témoignage non cités dans l’ouvrage : Favrelière (1960), Zimmermann (1961), Cabu (1973), Higelin (1987), Mattei (1994), Daeninckx et Tignous (2002), Mauvignier (2009), Jenni (2011), Tencin (2012), Serfati (2015), Giraud (2017). Ils ne contredisent pas les paroles de ceux qui ont répondu à l’enquête de Raphaëlle Branche mais les renforcent.

L’objectif de l’historienne est de retrouver les traces de la guerre d’Algérie dans les familles : l’enquête porte sur le soldat lui-même mais aussi ses proches : « Comprendre ce qui s’est joué dans les familles et comment la guerre a été vécue puis racontée et transmise, c’est éclairer d’une manière inédite la place de cette guerre dans la société française ». Il n’y a pas de vérité inscrite dans le marbre mais un récit évolutif de 1962 à aujourd’hui ; jusqu’en 2000, ce qui a été dominant est le silence : « ce sont des silences familiaux, au sein d’une société française longtemps oublieuse de son passé algérien ». Pour mener à bien ce travail, il faut cerner le dit et le non-dit dans les familles et pour cela, la recherche s’appuie sur l’analyse d’autres guerres : les deux conflits mondiaux et la Shoah, la guerre des États-Unis au Viêt Nam, la guerre de l’URSS en Afghanistan et le retour des soldats soviétiques.

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Benjamin Stora, les deux rives de la mémoire franco-algérienne

Issu d’une famille juive de Constantine confrontée à l’exil en 1962, l’historien s’est attaché à explorer la relation franco-algérienne par le biais de la mémoire. Une dimension intime qui résonne avec le rapport qu’il doit remettre à Emmanuel Macron sur un sujet délicat : favoriser la réconciliation entre les peuples français et algérien.

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Publié le 11 décembre 2020 à 12h28

Temps de Lecture 17 min.

« Un truc de dingue ! » Benjamin Stora raffole de la formule qui se perd vite dans un rire étouffé, nuance baryton-basse. Des « trucs de dingue », l’homme peut en narrer à satiété, car avec sa vie bien remplie, exils et honneurs mêlés, militances et académies croisées, Algérie et France entrelacées, on se fait forcément un peu conteur. Ce jour-là, Benjamin Stora, cheveu en broussaille, reçoit dans son appartement vide du quartier de Montparnasse, à Paris. « Si vous préférez, on peut se voir au cimetière, c’est permis », avait-il plaisanté quand il s’était agi de trouver un lieu de rencontre.

Ce fut son domicile tout simplement, appartement dégarni par un déménagement en perspective, cartons empilés au pied de murs nus où se devinent des cadres décrochés, auréoles évanescentes d’un passé sur le départ. Il ne migrera certes pas trop loin – la banlieue sud – mais cette nouvelle transhumance lui ressemble tant. On confesse un regret, celui de ne pouvoir jauger photos, tableaux et autres bibelots dont la constellation dit en général les vies mieux que les discours. Il nous conduit pour se faire pardonner dans son bureau dépouillé où surnage un poster plissé en rouleau. Il s’agit d’une photo de famille, celle de sa branche maternelle Zaoui, fameux bijoutiers de Constantine.

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Mémoire. Disparus de la guerre d’Algérie, « page non trouvée »

Lundi 7 Décembre 2020

Créé ce printemps, le Guide numérique sur les disparus de la guerre d’Algérie a été présenté, vendredi, en visioconférence. Un dispositif masquant mal les entraves administratives persistantes imposées par une circulaire de 2011 sur le droit à l’accès aux archives et la liberté de la recherche académique.

La reconnaissance par Emmanuel Macron, le 13 septembre 2018, de la responsabilité de l’État dans la disparition et l’assassinat de Maurice Audin, mathématicien de 25 ans, membre du Parti communiste algérien et militant pour l’indépendance de l’Algérie, arrêté par l’armée française en juin 1957, avait suscité de nombreuses attentes de la part des historiens ainsi que des personnes à la recherche d’informations concernant leurs proches portés disparus pendant la guerre d’Algérie.

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