Afrique Histoire L’actualité en Algérie Indépendances africaines « Papa, qu’as-tu fait en Algérie ? » : enquête sur un silence familial

De 1954 à 1962, plus d’un million et demi de jeunes Français sont partis faire leur service militaire en Algérie. Ils ont été plongés dans une guerre qui ne disait pas son nom. Depuis lors, les anciens d’Algérie sont réputés n’avoir pas parlé de leur expérience au sein de leur famille. L’historienne Raphaëlle Branche a cherché à comprendre les raisons de ce silence familial dans son ouvrage « Papa, qu’as-tu fait en Algérie ? ». Cette longue enquête auprès de nombreuses familles françaises est publiée, au moment où le président français Emmanuel Macron entend résoudre les conflits mémoriels entre l’Algérie et la France.

Raphaëlle Branche est professeure d’histoire contemporaine à l’université Paris-Nanterre. Elle vient de publier aux éditions La Découverte « Papa, qu’as-tu fait en Algérie «  Raphaëlle Branche est connue pour ses travaux pionniers sur la guerre d’Algérie et la violence coloniale. Elle a entre autres publié La torture et l’armée pendant la guerre d’Algérie (1954-1962) en 2001. L’entretien se divise en quatre périodes chronologiques : le conflit proprement dit, le retour en France, les années 1970 et les années 2000.

Essais nucléaires français en Algérie : Gerboise bleue refait surface

«Le passé nucléaire de la France ne doit plus rester enfoui dans les sables…», ont écrit deux experts français en désarmement dans une tribune publiée le 14 septembre dans le journal Le Monde.

«Gerboise bleue», est le nom de code de l’opération qui avait pour but de procéder à l’essai de la première arme nucléaire à Reggane et qui fut tenue secrète. La bombe d’une puissance de 70 kilotonnes représentait l’équivalent de quatre fois celle d’Hiroshima. L’autre face, barbare, de la guerre d’Algérie, celle du passé nucléaire français est remise sous les feux de l’actualité. À travers les essais nucléaires menés au Sahara algérien dans les années soixante, une nouvelle page d’horreur vient d’être exhumée. 132 années de colonisation et de présence française en Algérie n’ont peut-être, avec ce nouvel éclairage, pas livré tous leurs secrets. Une des pages les plus sombres que l’armée coloniale a épinglé pour l’éternité sur le revers de sa vareuse. Une cocarde qui dévoile à la face du monde son côté sauvage. Le coût qu’il aura fallu en vies humaines avec des conséquences irréversibles sur l’environnement, les espaces occupés par des populations qui en portent les séquelles aujourd’hui et qui n’épargneront certainement pas leurs enfants demain, pour que la France se dote de l’arme atomique.

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Guerre d’Algérie : comment concilier mémoire familiale et histoire collective ?

La guerre d’Algérie demeure irréconciliée. En-deçà des récits officiels, le souvenir familial se transmet ou se dissimule dans l’intimité. Silencieux ou non, ces témoignages multiples voire concurrents participent d’une histoire douloureuse. Points de départ d’une histoire collective ?

Le Président de la République a confié le 24 juillet dernier à Benjamin Stora une mission sur la mémoire de la colonisation et de la guerre d’Algérie en vue de favoriser la réconciliation entre les peuples français et algérien. Dans cette optique, l’historien doit rendre des recommandations d’ici la fin de cette année.

Un ouvrage de l’historienne Raphaëlle Branche vient opportunément ajouter à la compréhension de ce phénomène mémoriel particulier : « Papa, qu’as tu fait en Algérie ?  » : Enquête sur un silence familial. Elle y a interrogé des anciens combattants français mais aussi leur famille pour mieux comprendre ce silence qui a duré si longtemps au cœur de notre société.

Comment passer des mémoires familiales à une histoire collective ?

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« Papa, qu’as-tu fait en Algérie ? Enquête sur un silence familial » par Raphaëlle Branche

De 1954 à 1962, plus d’un million et demi de jeunes Français sont partis faire leur service militaire en Algérie. Mais ils ont été plongés dans une guerre qui ne disait pas son nom. Depuis lors, les anciens d’Algérie sont réputés n’avoir pas parlé de leur expérience au sein de leur famille. Le silence continuerait à hanter ces hommes et leurs proches. En historienne, Raphaëlle Branche a voulu mettre cette vision à l’épreuve des décennies écoulées depuis le conflit.

Fondé sur une vaste collecte de témoignages et sur des sources inédites, ce livre remonte d’abord à la guerre elle-même : ces jeunes ont-ils pu dire à leur famille ce qu’ils vivaient en Algérie ? Ce qui s’est noué alors, montre Raphaëlle Branche, conditionne largement ce qui sera transmis plus tard. Son enquête suit ensuite les métamorphoses des silences et des récits jusqu’à nos jours. Elle pointe l’importance des bouleversements qu’a connus la société française et leurs effets sur ce qui pouvait être dit, entendu et demandé dans les familles à propos de la guerre d’Algérie. Elle éclaire en particulier pourquoi, six décennies après la fin du conflit, beaucoup d’enfants ont toujours la conviction qu’existe chez leur père une zone sensible à ne pas toucher.

Grâce à cette enquête, c’est plus largement la place de la guerre d’Algérie dans la société française qui se trouve éclairée : si des silences sont avérés, leurs causes sont moins personnelles que familiales, sociales et, ultimement, liées aux contextes historiques des dernières décennies. Avec le temps, elles se sont modifiées et de nouveaux récits sont devenus possibles.

Raphaëlle BRANCHE

Raphaëlle Branche, professeure d’histoire contemporaine à l’université de Paris-Nanterre, est notamment l’auteure de La Torture et l’Armée pendant la guerre d’Algérie, 1954-1962 (Gallimard, 2001) et de L’Embuscade de Palestro, Algérie 1956 (La Découverte, 2018 ; première édition : 2010).

EDITORIAL

Si le confinement a été officiellement levé, il est évident que de nombreuses activités n’ont pas repris ou reprennent partiellement,voire ne pourront reprendre que plus tardivement.Dans quelle catégorie serons-nous ? Soyons optimistes ;nous ferons tout pour nous retrouver en septembre.

Dans un précédent message,je saluais l’engagement de celles et ceux qui assuraient notre survie ainsi que ceux et celles qui contribuaient à notre vie au quotidien. Il est important de ne pas oublier leur dévouement , leur prise de risque en faisant en sorte que nos applaudissements d’hier et les promesses faites se concrétisent par la prise en compte de leurs légitimes revendications individuelles et collectives.Ils ont vécu des moments terribles et leur parole aujourd’hui est une mise en garde face à un avenir incertain.

Par respect pour leur travail,nous devons conserver une grande prudence et continuer à respecter des régles simples même si elles sont contraignantes afin de ne pas être pris au dépourvu.On ne sait jamais de quoi sera fait le lendemain.

L’Espace parisien qui regroupe les anciens combattants d’Algérie, du Maroc et de Tunisie déplore la disparition de plusieurs d’entre eux,victimes du virus ou trop atteints pour résister à la maladie qui les affectait déjà. Leurs épouses et compagnes ont été également touchées. Nous saluons leur mémoire comme nous avons une pensée pour toutes et tous ceux,connus et inconnus qui ont succombé à cette pandémie.

Notre association avait programmé une série d’actions mémorielles que nous avons dû reporter et qui à ce jour sont encore dans l’incertitude.Nous avons cependant tenu à faire en sorte d’être présents en activant le site internet ephmga.com par des productions littéraires , des articles et des dossiers de presse récemment parus .

En le consultant vous pouvez constater que fidéle à ses principes,l’EPHMGA donne toute liberté à l’expression de chacun dans sa diversité et sa perception de cette guerre.Il faut remercier celles et ceux qui par l’écrit, la parole, l’image et l’enseignement dispensé,contribuent à faire découvrir ou redécouvrir les facettes multiples qui caractérisent cette longue et douloureuse épopée.

La maintenance et l’actualisation de notre site est une nécessité afin que perdure cet outil de recherche prisé par les internautes. Quelques chiffres nous renforcent dans notre volonté d’utiliser cette technologie.Vous les retrouverez dans le bilan 2019.

Aprés cette période difficile,nous préparons la rentrée et en fonction de l’actualité et des disponibilités de nos partenaires,nous vous proposerons dans la mesure du possible un événement mémoriel et des actions ponctuelles.Notre volonté est intacte .

Je vous remercie de votre fidélité et vous adresse mes amicales salutations.

Jean-Pierre Louvel, Président de l’Espace Parisien Histoire Mémoire Guerre d’Algérie

 

La guerre d’Algérie, dans le camp des perdants – Jeune Afrique

Près de soixante ans après l’indépendance, quatre ouvrages retracent la trajectoire des vaincus de la guerre d’Algérie. Aujourd’hui encore, leur histoire modèle le présent.

On est toujours loin d’en avoir fini avec la guerre d’Algérie, près de soixante ans après l’indépendance. L’intérêt porté en avril dernier, des deux côtés de la Méditerranée, à l’ouverture d’archives françaises, en l’occurrence celles concernant les disparus au cours des hostilités, l’a prouvé une fois de plus. Même s’il ne s’agissait encore que d’un petit pas sur le chemin de la transparence concernant la période 1954-1962…

Côté français, il reste en effet beaucoup à faire pour rendre disponible tous les documents utiles aux historiens. Et côté algérien, la situation est bien pire : la plupart des archives demeurent inaccessibles et le travail des spécialistes qui refusent de s’en tenir à la seule histoire « officielle » de la guerre d’indépendance n’est guère encouragé – c’est une litote.

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Histoire franco-algérienne et mémoire post-coloniale

par Damien AUGIAS

Date de publication • 13 juin 2020

Comment appréhender aujourd’hui un objet aussi sensible que la guerre d’Algérie ? Une vision nuancée de l’écriture d’une histoire des deux rives et de son enseignement en France.

Intimement liée à la naissance de la Ve République, la guerre d’Algérie constitue un objet d’histoire qui, près de soixante ans après les accords d’Evian (1962) marquant officiellement la fin des « événements » ( le terme de guerre n’étant retenu par le législateur français qu’en… 1999), reste, sur les deux rives de la Méditerranée, une blessure mémorielle encore à vif, charriant des enjeux toujours passionnels, qu’ils soient politiques, diplomatiques, sociaux, juridiques (législatifs et judiciaires) ou historiographiques. Benjamin Stora avait démontré en 1991 avec son célèbre ouvrage La gangrène et l’oubli à quel point cette mémoire, longtemps refoulée – il s’inspirait alors du schéma appliqué par Henry Rousso dans Le syndrome de Vichy – en France, avait ressurgi de manière (post)traumatique, s’exprimant notamment par une revendication d’un « devoir de mémoire » autant qu’un « devoir de justice », notamment de la part des Français d’origine algérienne de deuxième puis de troisième génération qui ne se reconnaissent pas dans l’histoire que la France enseigne au sujet de cette guerre d’indépendance d’une nation réclamant sa décolonisation. Or, c’est à un devoir d’histoire que l’on peut légitimement prétendre aujourd’hui, même si les affrontements mémoriels rendent encore difficile, à la fois en France et en Algérie – quoiqu’il existe des ponts entre historiens des deux rives (Benjamin Stora et Mohammed Harbi ont co-dirigé en 2004 une histoire franco-algérienne de la guerre et de sa mémoire   ) – l’écriture d’une histoire « apaisée » pour reprendre le titre d’un ouvrage de Raphaëlle Branche au sujet de l’historiographie de la guerre d’Algérie   .

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Massacres du 8 mai 1945 : Un crime à dimension génocidaire

Les massacres du 8 mai 1945 s’inscrivent dans une longue série de crimes de guerre et contre l’humanité perpétrés par la France coloniale depuis que ses armées ont foulé la terre d’Algérie en 1830, ces crimes revêtant à chaque fois une dimension génocidaire, par leur ampleur, leur caractère indiscriminé et leur durée dans le temps, affirment des historiens et des témoins.

L’histoire de la colonisation de l’Algérie est jalonnée de tueries massives d’Algériens, notamment au début de la conquête, commises, entre autres, par le maréchal Bugeaud, le général Cavaignac ou le colonel Pélissier, et dont le récit est fait par des chroniqueurs français, en l’occurrence des officiers de l’armée, eux-mêmes horrifiés par les procédés utilisés, notamment les «enfumades», consistant à asphyxier des personnes réfugiées ou enfermées dans une grotte. Des milliers d’Algériens, hommes, femmes et enfants, périrent de la sorte.
Concernant les massacres du 8 mai 1945, plusieurs témoignages restituent les faits de cette tragédie qui, paradoxalement, coïncida, avec la célébration de la victoire des Alliés sur les nazis. Elle marquera les esprits des Algériens si profondément qu’ils prendront la résolution d’entreprendre une lutte armée pour arracher leur liberté et leur dignité

Tout commença ce «mardi noir» du 8 mai 1945 lorsque le préfet de police d’alors, Olivieri, tenta d’arracher le drapeau national des mains de Saâl Bouzid qui était en tête d’une marche des Algériens à Sétif, avant de l’abattre à bout portant avec son pistolet. Agé d’à peine 22 ans, il était la première victime des massacres qui allaient suivre.

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Le Mémorial du camp de Rivesaltes rouvre ses portes à partir du 10 juin

Le Mémorial du Camp de Rivesaltes va rouvrir ses portes au public à partir du mercredi 10 juin. Il sera ouvert dans un premier temps du mardi au dimanche de 10h à 18h. Des visites accompagnées vous seront proposées à 11h et 15h et les groupes seront accueillis sur réservation. Les derniers aménagements sont en cours afin d’assurer le respect des gestes barrières. Renseignements au 04 68 08 39 70 et sur le site http://www.memorialcamprivesaltes.eu

Le Mémorial du Camp de Rivesaltes, situé sur les communes de Rivesaltes et Salses-le-Château dans les Pyrénées-Orientales, rend hommage aux personnes incarcérées ou hébergées dans ce camp au gré des événements historiques (guerre d’Espagne, Seconde Guerre mondiale, Shoah, guerre d’Algérie, etc.) durant la seconde moitié du XXe siècle. Une exposition permanente a été conçue de manière à ce que le visiteur puisse prendre connaissance de la manière dont les événements historiques ont provoqué de vastes déplacements forcés de populations et la création de plus de deux cent camps d’internement en France et dans les pays d’Afrique du Nord, dont celui de Rivesaltes.

Parution

TAHAR IBTATENE, DIT TINTIN

Héros de la Résistance (1940-1945) et de la guerre d’Algérie (1954-962)

Lyazid Benhami

Préface de Nils Andersson

Décédé en 2000, Tahar Ibtatene s’est engagé dans les deux principales guerres du XXe siècle contre des systèmes oppresseurs. Arrivé en France en 1924, à l’âge de 15 ans, il passa le reste de son existence à Paris. Il rejoignit les services secrets du général de Gaulle en 1940 jusqu’à la Libération, fut un agent secret permanent et émérite du BCRA et le bras armé du Général pendant la Seconde Guerre mondiale. Surnommé « Tintin » dans la Résistance, il eut à son actif des faits héroïques de premier plan. Au déclenchement de la guerre d’Algérie, il prit à nouveau ses responsabilités, tout en espérant le retour aux affaires du général de Gaulle. Membre du FLN historique algérien, puis proche des démocrates pendant la période post-indépendance, il fut aussi un artisan convaincu et pragmatique d’une véritable indépendance de l’Algérie.

  • Date de publication : 28 février 2020
  • Broché – format : 15,5 x 24 cm • 146 pages
  • ISBN : 978-2-343-19388-5
  • EAN13 : 9782343193885
  • EAN PDF : 9782140143953
  • EAN ePUB : 9782336894706
  • (Imprimé en France)