Armentières : dans la famille Muse, la guerre d’Algérie est devenue une histoire de femmes


Alors que l’on célèbre cette année les 60 ans du cessez-le-feu en Algérie, Marielle Devos-Muse et Thérèse Muse-Lefebvre, deux Armentiéroises respectivement fille et femme du soldat armentiérois, Michel Muse, racontent comment cette guerre est devenue une « ombre » omniprésente dans la famille.

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Guerre d’Algérie, les gaz de combat en question

France Culture dans les Enjeux internationaux hier matin 25 mars nous a révélé un aspect inconnu de la guerre d’Algérie celui de la guerre des grottes dans les Aurès au Nord Est du pays et dans le massif du Djurjura dans l’Atlas. La réalisatrice de l’émission avait invité la journaliste indépendante Claire Billet qui publie prochainement dans la Revue 21 son enquête sur l’utilisation des gaz de combat dans la guerre des grottes. En 1959 le général Challe voulant en finir avec les combattants de l’ALN lança l’armée française dans une vaste offensive conduite d’Ouest en Est pour neutraliser toute résistance de la part des Algériens. A cette fin il instrumentalisa des sections formées d’appelés du contingent pour déloger l’adversaire qui se servait de ces grottes comme refuges et caches d’armes. Le général Challe utilisa des gaz de combat mis entre les mains de nos soldats avec l’intention d’asphyxier les hommes qui s’abritaient dans les grottes. La journaliste a parcouru la France pour recueillir les témoignages des anciens appelés engagés dans ce type d’opérations. Ceux-ci des années après ont souffert de graves maladies respiratoires jusqu’à obtenir des pensions militaires d’invalidité.

Ces hommes du contingent manipulèrent ces gaz avec comme instructions qu’il s’agissait de gaz asphyxiants pour contraindre les hommes d’en face à sortir des grottes. Ils disposaient ainsi de grenades et de cartouches dites fumigènes pour franchir ce nouveau stade de l’horreur. En effet s’il est encore difficile de se prononcer sur la nature de ces gaz et s’ils étaient létaux, quoi qu’il en soit il ressort des témoignages de nos soldats que les combattants algériens ainsi piégés mouraient asphyxiés et que leurs cadavres étaient emmurés faisant d’eux des disparus pour leurs familles. Seule l’ouverture des archives classées encore secret défense permettrait aux historiens de connaître et d’étudier la nature de ces gaz. Dans cette attente il est utile de rappeler que la France à cette époque disposait à B2-Namous dans le Sahara près de la frontière marocaine d’un centre d’essais secret pour le développement de gaz toxiques. Pierre Messmer ministre de la Défense se félicitait des avancées de la France dans ce domaine. Beaucoup de questions se posent à propos de l’utilisation de ces gaz de combat au premier rang desquelles s’ils ne violaient pas les conventions internationales d’interdiction en temps de guerre.

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« De nos frères blessés » : une chronique intime de la guerre d’Algérie

Le film d’Hélier Cisterne, avec Vincent Lacoste dans le rôle principal, raconte un épisode méconnu de la guerre d’Algérie.

Nous sommes en 1953, Fernand et Hélène se rencontrent, en région parisienne, et tombent amoureux. Elle est d’origine polonaise, et lui vit en Algérie, où il est né, 27 ans plus tôt, et ils s’installent à Alger. Militant communiste et anticolonialiste, il épouse la cause du FLN, et finira guillotiné pour « tentative de sabotage » en 1957.

Si la guerre d’Algérie a déjà fait l’objet de plusieurs films à travers le temps, ici ce ne sont pas les combats armés ou les bombes qui intéressent le réalisateur Hélier Cisterne, qui adapte le roman du même nom de Joseph Andras, paru en 2016, mais bien cette histoire intime d’un couple secoué par le conflit.

« C’est l’histoire d’un couple qui quelque part incarne certains aspects de ce conflit, de cette déchirure de la guerre d’Algérie, elle se méfie de la violence, lui il va glisser petit à petit, il va plonger dans un engagement beaucoup plus ‘dans l’action’, au risque de la violence, souligne le réalisateur, et tous les deux racontent deux sentiments, deux situations de ce que c’est, que d’être pris dans une déchirure entre l’Algérie et la France. Mais nous, on a fait ce film avant tout parce qu’il était l’histoire intime d’un couple. »  

La comédienne luxembourgeoise Vicky Krieps joue le rôle d’Hélène, et c’est Vincent Lacoste qui prête ses traits encore juvéniles à Fernand Iveton. Il est excellent dans ce rôle, plus grave que ceux qu’on lui propose d’habitude.

« En fait, explique Vincent Lacoste, j’ai le même âge que lui, mais c’est ça qui est assez étonnant, c’est qu’il faisait plus vieux que son âge, comme d’ailleurs beaucoup de jeunes dans les années cinquante. Ca m’a intéressé tout de suite évidemment parce que le rôle est différent de ce qu’on me propose en général, et un rôle que je n’avais jamais eu l’occasion de faire ».

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Guerre d’Algérie : quelles conséquences sur les générations suivantes ?

Benjamin Stora étudie la guerre d’Algérie depuis trente ans. Il est l’auteur du rapport France-Algérie, les passions douloureuses, remis à Emmanuel Macron le 20 janvier 2021, et a travaillé avec le groupe « Regards de la jeune génération sur les mémoires franco-algériennes » composé de Français, d’Algériens et de binationaux.

Ca m’intéresse Histoire : Pourquoi la guerre d’Algérie crée-t-elle une fracture au sein de la société française ?

Benjamin Stora : La fin de la colonisation en Algérie a provoqué une guerre civile franco-française, ce qui n’a pas du tout été le cas au Maroc, en Tunisie ou en Indochine. L’Algérie, c’était trois départements français, un morceau du territoire national. Par conséquent, ce conflit est plus profond qu’une simple guerre décoloniale. Il est vécu comme une crise du nationalisme où deux conceptions de la nation française s’affrontent. Il y a une fracture entre ceux qui pensent que l’Algérie aurait dû rester française et ceux qui pensent au contraire que c’était l’heure de la décolonisation.

Quel est le rôle de l’Etat français dans le maintien de ces divisions ?

Dès 1962, la France a mis en place une politique d’amnisties. La première date du 18 mars 1962 : ce sont les accords d’Evian. La seconde a lieu après les événements de mai 1968. Le général de Gaulle amnistie d’anciens responsables de l’OAS, ainsi que le député Jacques Soustelle qui les a soutenus. Il y a ensuite l’amnistie de Valéry Giscard d’Estaing, en 1974. Puis, une dernière de François Mitterrand, en 1982, accordée à des généraux ayant participé au putsch de 1961. La seule fois où les exactions et les actes de torture ont été évoqués, c’est lors du procès de Maurice Papon. Mais le procès concernait sa responsabilité dans la déportation de Juifs sous Vichy. C’est grâce à des militants que son rôle de préfet pendant le massacre des manifestants algériens à Paris le 17 octobre 1961 a été abordé. Personne n’a jamais été jugé sur la politique menée pendant la guerre d’Algérie. Cette occultation empêche le travail de mémoire. Comme il n’y a pas de débat public, on reste dans le déni. Les autorités algériennes, de leur côté, sont coupables de reconstruction de leur histoire. Elles ont mis au secret des pans entiers, omettant les récits des adversaires du FLN. Ces deux attitudes ont fabriqué des mémoires tronquées et rendent la réconciliation très difficile.

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« Nous, jeunes Français ayant un lien familial avec la colonisation et la guerre d’Algérie, attendons un récit qui ne masque aucune vérité »

Un collectif de descendants d’indépendantistes algériens, d’appelés, de harkis, de juifs d’Algérie, de militaires, de pieds-noirs et d’immigrés propose, la création d’un office des jeunesses franco-algériennes.

Tribune. Nous sommes 39 % de jeunes Français de 18 ans à 35 ans ayant un lien familial avec la colonisation et la guerre d’Algérie, emplis de récits ou de silences assourdissants qui nous furent imposés ; 39 % à nous questionner aujourd’hui sur nos identités respectives, nourries d’histoires familiales encore troubles, d’un rapport à la France parfois malmené, d’identités trop souvent rabaissées.

Durant la période qui court – entre le 19 mars, soixante ans après les accords d’Evian qui devaient mettre fin à la guerre d’Algérie, et le 5 juillet, date anniversaire de l’indépendance de l’Algérie –, chacun d’entre nous portera une attention particulière à la parole publique. Cette parole qui a tant de fois dévoyé nos mémoires, au profit de la division de nos parents ou de celle de nos grands-parents entre eux, mais aussi avec le reste de la société française.

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60ème anniversaire des accords d’Évian

Le Président de la République a tout au long de son quinquennat poursuivi une même approche des questions mémorielles : regarder l’histoire en face, de façon à construire une mémoire Républicaine, qui puisse être partagée par toutes et tous en France.

L’histoire de la colonisation et de la guerre d’Algérie a, à cet égard, fait l’objet d’une attention particulière du Président de la République, tant les blessures mémorielles issues de cette période sont encore vives dans notre société.

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Emmanuel Macron a présidé une cérémonie à l’Élysée, samedi, pour le 60e anniversaire des accords d’Évian et du cessez-le-feu en Algérie, à laquelle ont assisté près de 200 invités, représentant les témoins de toutes les mémoires liées à la guerre d’Algérie.

Emmanuel Macron a commémoré, samedi 19 mars, le 60e anniversaire des accords d’Évian et du cessez-le-feu en Algérie, avec une cérémonie à l’Élysée durant laquelle le président français a de nouveau plaidé pour un « apaisement » des mémoires sur les deux rives de la Méditerranée. Il a par ailleurs assurer « assumer » les gestes mémoriels, parfois controversés, faits depuis le début du quinquennat sur la guerre d’Algérie.

« Aujourd’hui, c’est une étape, c’est un cheminement aussi très imparfait, mais c’est un parcours de reconnaissance qui a consisté à mettre fin à des dénis, à des silences (…) », a déclaré le président. « J’assume mes gestes, j’assume cette main tendue, le jour viendra où l’Algérie fera ce chemin. C’est sans doute plus difficile pour le peuple et les dirigeants algériens », a-t-il ajouté.

« Ce parcours de reconnaissance que nous allons poursuivre, car il est maintenant inarrêtable, est simplement la condition pour nous tous de ne rien oublier, de ne rien nier du caractère irréductible des souffrances, des douleurs de ce qui a été vécu, mais d’assumer qu’elles sont toutes françaises, parce que la guerre d’Algérie, ses non-dits, étaient devenus la matrice des ressentiments ».

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Les 60 ans des accords d’Evian : Emmanuel Macron veut continuer à « apaiser » les mémoires de la guerre d’Algérie

Lors de son discours, samedi, le chef de l’Etat a fait valoir que cette date, contestée par certains de ses opposants à la présidentielle, n’était « ni le début de la paix ni la fin de la guerre », mais « un jalon » qui « ne peut être renié ».

Il compte continuer sur la voie ouverte depuis cinq ans pour réconcilier les mémoires douloureuses de la guerre d’Algérie. « Il y aura immanquablement des moments d’énervement, mais nous y arriverons », a plaidé Emmanuel Macron samedi 19 mars, lors de son discours proclamé à l’Elysée, dans le cadre de la commémoration du soixantième anniversaire des accords d’Evian.

Le chef de l’Etat, candidat à sa propre succession, a, en effet, affirmé qu’il entendait continuer à « tendre la main » aux autorités algériennes, même si les initiatives prises depuis le début de son quinquennat n’ont pas permis d’améliorer durablement les relations avec Alger.

M. Macron prenait la parole devant les 200 invités réunis lors d’une cérémonie, à laquelle n’assistait justement aucun représentant officiel algérien. Pour l’occasion, une centaine de lycéens et de collégiens étaient, en revanche, présents, ainsi que des témoins de toutes les mémoires du conflit : appelés, combattants indépendantistes, harkis et rapatriés.

« Beaucoup me diront : vous faites tout cela, mais vous n’êtes pas sérieux parce que l’Algérie ne bouge pas. (…) Tous mes prédécesseurs ont été confrontés à la même chose », a déclaré Emmanuel Macron, avant d’ajouter : « Je pense que le jour viendra où l’Algérie fera ce chemin ».

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Deux histoires dessinées de la guerre d’Algérie

Appelés d’Algérie, 1954-1962, Swann Meralli (scénario), Deloupy (dessin). Éditions Marabulles, 128 pages, 17,95 euros. (2 mars 2022)

Une histoire de la guerre d’Algérie, Jean-Blaise Djian (scénario), Sergio Alcala (dessin), Isabelle Bournier et Guy Pervillé (rédaction). Éditions Petit à petit, 112 pages, 17,90 euros. (30 octobre 2021)

Soixante ans après les accords d’Évian qui ont mis fin au conflit, la guerre d’Algérie continue de déchaîner les passions et de susciter les questionnements des deux côtés de la Méditerranée. Dans la littérature, dans le débat public, à la télévision mais aussi en bande dessinée où cette histoire liant à jamais les peuples algériens et français est régulièrement racontée.

À la recherche de la mémoire du grand-père

Après la guerre d’Algérie vue par Philippe Richelle et Alfio Buscaglia (aux éditions Glénat), deux nouveaux albums viennent de sortir. La première, Appelés d’Algérie (qui fait suite au premier volet intitulé Algériennes mettant en lumière le destin de femmes durant le conflit) retrace le parcours de plusieurs hommes, soldats ou citoyens, français ou algériens.

Un récit aux personnages fictifs qui débute de nos jours sur un terrain de foot de quartier. La partie dérape lorsque deux jeunes, l’un d’origine algérienne, l’autre français dit « de souche », s’embrouillent au sujet de l’identité française. Désabusé, Jérôme découvre, sur le tard, que son grand-père a fait la guerre d’Algérie en tant qu’appelé âgé d’à peine 20 ans. Il décide d’en savoir plus sur ce conflit qui n’est quasiment pas enseigné… Problème, son grand-père avec qui il commence à échanger, est victime d’un AVC et devient sujet aux pertes mémoire. Les souvenirs de Raymond s’effacent progressivement et Jérôme décide alors d’enquêter pour reconstituer le parcours de celui-ci, en tentant de retrouver les hommes que ce dernier a croisé en Algérie dont un berger aux yeux verts qu’il a sauvé de la torture.

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Soixante ans après, la France commémore la fin de la guerre d’Algérie

Samedi, à l’occasion du 60e anniversaire des accords d’Evian et du cessez-le-feu en Algérie, le président français Emmanuel Macron a dit « assumer » ses gestes mémoriels parfois controversés et affirmé qu’il entendait continuer à « tendre la main » aux autorités algériennes pour « réconcilier » les mémoires.

Le président français Emmanuel Macron s’est montré samedi optimiste sur la « réconciliation des mémoires » sur la guerre d’Algérie, en disant « assumer » ses gestes mémoriels parfois controversés, à l’occasion du 60e anniversaire des accords d’Evian et du cessez-le-feu en Algérie.

Le chef de l’Etat, candidat à un nouveau mandat, a affirmé qu’il entendait continuer à « tendre la main » aux autorités algériennes, même si les initiatives prises depuis le début du quinquennat n’ont pas permis d’améliorer durablement les relations entre Alger et Paris.

« J’assume cette main tendue » à l’Algérie, a-t-il déclaré devant 200 invités réunis pour une sobre cérémonie au palais présidentiel de l’Elysée, à laquelle n’assistait aucun officiel algérien même si l’ambassadeur à Paris avait été invité.

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